![]() En profondeur Des manifestations pour limiter le pouvoir du roi au Maroc Mise à jour le dimanche 20 février 2011 à 23 h 28 Des manifestations pour limiter le pouvoir du roi au MarocDes milliers de Marocains se rassemblaient dimanche dans les principales villes du royaume pour appeler à des réformes politiques et à une limitation des pouvoirs du roi. Entre 2000 et 4000 participants ont manifesté pacifiquement à Rabat, la capitale administrative, et environ un millier de personnes se sont regroupés sans heurts à Casablanca, la plus grande ville du pays. Des incidents ont cependant eu lieu à Marrakech, dans le sud du Maroc. Environ 200 personnes étrangères à la manifestation se sont attaquées à des magasins. Des violences similaires se sont aussi produites à Larache, une ville du nord du pays, où des jeunes s'en sont pris à un poste de gendarmerie et à un autre de douane. Une caserne de police a également été attaquée par des protestataires à Al Hoceima, une ville située sur la côte méditerranéenne. La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les assaillants.
Les manifestants exigent que le souverain Mohamed VI transfère une partie de ses prérogatives à un gouvernement élu. « Le peuple rejette une constitution faite pour des esclaves! À bas l'autocratie ! Le roi doit régner et non gouverner! », ont scandé les participants. « C'est une manifestation pacifique pour réclamer des réformes constitutionnelles, pour la dignité du peuple, contre la corruption et le gaspillage des fonds publics », a expliqué Moustapha Mouchtati, membre du groupe Baraka (Assez), l'un des organisateurs du rassemblement. Cette manifestation fait suite aux départs des présidents tunisien et égyptien. Elle a été lancée sur Facebook par de jeunes Marocains qui ont créé « le mouvement du 20 février ». Cette journée de protestation, la première depuis le début des révoltes qui secouent le monde arabe, est appuyée par l'Association marocaine des droits humains (AMDH) et des journalistes indépendants, mais les principaux partis politiques ont condamné cet appel. Le ministre des Finances, Salahedine Mezouar, a demandé aux Marocains de boycotter l'événement et a averti que tout dérapage « risque de faire perdre en quelques semaines ce que nous avons bâti lors des dix dernières années ». Le Maroc est une monarchie constitutionnelle avec un parlement élu, mais la Constitution offre au roi de larges pouvoirs.
Radio-Canada.ca avecAgence France Presse et Reuters
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