![]() Mise à jour le jeudi 2 juin 2011 à 15 h 01 HAE Bahreïn
Dans le minuscule royaume pétrolier de Bahreïn, la contestation a fait des dizaines de morts depuis février 2011. Plusieurs centaines de représentants de la communauté chiite, majoritaire dans le pays, ont été arrêtés depuis le début des manifestations contre l'ordre en place. De plus, le gouvernement de Bahreïn a déclaré qu'il comptait s'adresser aux tribunaux pour faire interdire les deux principaux groupes d'opposition chiites. Le 31 mai, le roi de Bahreïn a appelé à un dialogue national « sans condition préalable » à la veille de la levée de l'état d'urgence instauré à la mi-mars. Ces séances de dialogue doivent avoir lieu en juillet. À la veille de cet appel royal, le ministère de la Justice avait lancé un avertissement contre toute action pouvant porter atteinte à « la stabilité et aux libertés ». Dans le même temps, les responsables des partis politiques chiites d'opposition sont poursuivis par la justice. Écraser les manifestants En mars, la monarchie sunnite qui règne à Bahreïn a brutalement mis fin à plusieurs semaines de contestation en délogeant des opposants qui campaient sur la place de la Perle dans la capitale, Manama. Les armées saoudienne et émiratie avaient alors été appelées en renfort. Ces dernières sont toujours présentes dans le pays, afin d'étouffer tout nouveau sursaut de contestation. Au début, les manifestants réclamaient de profondes réformes politiques et sociales. Mais après que l'armée eut tiré sur les manifestants, l'opposition s'est radicalisée et réclamait l'instauration d'une véritable monarchie constitutionnelle dans cet archipel du Golfe sur lequel règne la dynastie sunnite des Al-Khalifa depuis plus de 200 ans. TémoignageLe Québécois Gilles Allard vit et travaille à Bahreïn. Il nous a fait parvenir ce texte sur la situation qui règne dans le pays.
Les chiites qui se considèrent comme des laissés-pour-compte revendiquent davantage de droits et une meilleure distribution des richesses. Ce n'est pas la première fois que les chiites protestent contre la famille royale. Entre 1994 et 1999, les affrontements entre les chiites et le gouvernement avaient fait une quarantaine de morts. Par ailleurs, les chiites accusent le gouvernement d'accorder facilement la citoyenneté bahreïnie à des expatriés d'autres pays comme la Jordanie ou la Syrie de façon à augmenter le nombre de la population sunnite. En plus de la crise politique récurrente entre le gouvernement et la majorité chiite, Bahreïn est le moins bien portant parmi les riches pays du Golfe sur le plan économique.
Ses réserves pétrolières sont pratiquement taries, selon les experts. C'est la raison pour laquelle le royaume tente de diversifier l'activité économique du pays, notamment en faisant de Bahreïn l'une des étapes du Grand Prix de Formule 1, espérant ainsi attirer des touristes.
Fil international en continuMis à jour il y a 1 heure 48 minutesCorrespondants à l'étranger
À ne pas manquer
En profondeur
|