Parmi les milliers de manifestants qui ont envahi les rues de Téhéran, lundi, pour se liguer contre le régime iranien, une personne a été tuée et plusieurs autres, blessées.
« Une personne a été tuée par balle et plusieurs autres ont été blessées par des séditieux [partisans de l'opposition] qui s'étaient rassemblés à Téhéran », écrit l'agence de presse semi-officielle Fars, sans donner davantage de précisions.
C'était la première fois en plus d'un an que les rues de Téhéran étaient le théâtre d'une manifestation antigouvernementale. Le slogan « Mort au dictateur » destiné au président Mahmoud Ahmadinejad a notamment été entendu dans la capitale.
Des milliers de personnes ont manifesté lundi dans les rues de Téhéran.
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AFP/Pigiste
Selon des témoins cités par les agences de presse, les forces de sécurité iraniennes ont utilisé des gaz lacrymogènes et des balles de peinture pour disperser les manifestants en matinée.
Des sites Internet proches de l'opposition faisaient état de nombreuses arrestations.
Toutes ces informations ne peuvent être confirmées de source indépendante, puisque le gouvernement iranien interdit aux journalistes étrangers de couvrir ces rassemblements.
Un réalisateur de la BBC qui a bravé l'interdiction parle toutefois de scènes de « chaos » dans les rues de Téhéran.
La manifestation avait officiellement pour objectif d'appuyer les soulèvements populaires tunisien et égyptien, mais elle a tôt fait de raviver le souvenir des rassemblements monstres qui ont eu lieu dans la foulée de la présidentielle de 2009.
Des témoins de l'Agence France-Presse relatent que les gaz lacrymogènes ont notamment été lancés place Azadi (Liberté) lorsque des manifestants ont entrepris de scander « Mort au dictateur », un slogan très prisé lors des manifestations organisées en juin 2009 pour dénoncer les résultats de la présidentielle.
Reuters cite pour sa part des témoins qui affirment que des gaz lacrymogènes ont aussi été tirés place de l'Imam Hussein, où des milliers de manifestants s'étaient rassemblés en silence.
Reuters mentionne également des rassemblements de centaines de personnes à Ispahan et à Shiraz, deux villes importantes du pays.
Une manifestation interdite
Les manifestations ont eu lieu malgré le fait qu'elles aient été interdites par le régime iranien. Un important dispositif policier pouvait d'ailleurs être aperçu dans les rues de Téhéran, particulièrement près des grandes places publiques.
Plusieurs arrestations ont eu lieu en prévision de la manifestation.
L'appel à la manifestation a été lancé par deux candidats défaits à la présidentielle de 2009, Mir Hossein Mousavi et Mehdi Karoubi. Les manifestations monstres auxquelles les deux hommes ont participé dans la foulée du scrutin ont finalement été réprimées dans la violence par le régime iranien.
Mir Hossein Mousavi (archives)
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AFP/Behrouz Mehri
Selon le site Internet de Mir Hossein Mousavi, les forces de sécurité ont bloqué l'accès à son domicile dès dimanche. Lorsque ce dernier a voulu sortir lundi pour participer à la manifestation avec sa femme, Zahra Rahnavard, les policiers sont intervenus pour les en empêcher.
Les lignes des téléphones fixes et portables de M. Mousavi et de sa femme ont aussi été coupées.
Selon Reuters, les services de téléphonie cellulaire ont aussi été interrompus dans toute la zone où des manifestations ont eu lieu à Téhéran.
La dernière manifestation antigouvernementale tenue dans les rues de Téhéran avait eu lieu en décembre 2009.