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Un doute sur le nombre de jeunes dans les écoles financées par le Canada

Mise à jour le vendredi 11 février 2011 à 7 h 29

Des enfants dans une école afghane

Photo: La Presse Canadienne /A.R. Khan

Les écoles construites ou rénovées par le Canada en Afghanistan seraient beaucoup moins fréquentées que ne l'indiquent les documents officiels.

Selon une enquête menée par La Presse Canadienne à Kandahar, les registres d'inscription scolaire des autorités locales font état d'un nombre d'écoliers nettement plus élevé que le nombre réel d'enfants présents dans les écoles financées par le Canada.

D'après ce qu'a constaté La Presse Canadienne, les documents du gouvernement de Kandahar font état de plusieurs milliers d'écoliers de plus dans les classes qu'il n'y en a en réalité.

Selon le ministère de l'Éducation de Kandahar, plus de 52 000 élèves sont inscrits dans les écoles où les travaux sont terminés. Garçons et filles y seraient représentés dans des proportions égales, selon le ministère.

Un écart de 16 000 à 19 000 enfants

Or, en compilant les données fournies par les directeurs d'école, les journalistes ont constaté que seulement 36 000 enfants environ sont inscrits dans ces écoles, soit 16 000 de moins que les données du ministère de l'Éducation. Plus des deux tiers de ces écoliers étaient par ailleurs des garçons.

Les journalistes de La Presse Canadienne, qui ont visité ces écoles, font plutôt état de 19 000 enfants, qui sont pour la plupart des garçons, soit un écart de 33 000 enfants par rapport aux chiffres officiels. Ces données en disent long sur l'amélioration de la situation des filles en Afghanistan qui étaient privées d'éducation sous le règne des talibans.

Actuellement, 29 des 50 écoles financées par le gouvernement du Canada sont ouvertes et fonctionnelles. Les travaux dans les écoles restantes doivent être complétés d'ici l'été.

En dépit des millions de dollars investis par Ottawa dans le système scolaire de cette province afghane que se dispute âprement les insurgés talibans et les troupes internationales, on constate à la lumière de cette enquête que les résultats sur le terrain demeurent mitigés, surtout pour les filles.

L'ACDI ne baisse pas les bras

Questionnée sur cette situation par La Presse Canadienne, l'Agence canadienne de développement international (ACDI), a expliqué que les données du gouvernement indiquent la capacité d'accueil des écoles, et non pas le nombre d'élèves dans les classes.

« Augmenter le nombre d'élèves régulièrement présents à l'école exige des efforts et des améliorations à long terme à la sécurité générale et aux contextes culturel et économique qui ont du poids dans la décision d'une famille d'envoyer ses enfants à l'école », a expliqué le porte-parole de l'ACDI, Adam Sweet.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne

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