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En profondeur

Mise à jour le vendredi 4 novembre 2011 à 15 h 15 HAE

La Tunisie


La Tunisie a ouvert la voie du « Printemps arabe », elle a aussi été la pionnière en organisant les premières élections libres post-révolution.

Après une attente de quelques jours, les résultats ont été annoncés le 27 octobre. Sans grande surprise, le parti islamiste Ennahda rafle 90 des 217 sièges de la future Assemblée constituante. Il est suivi par le Congrès pour la république (30 sièges) et par le Forum démocratique pour le travail et les libertés (21 sièges).

La véritable surprise a été les 19 sièges obtenus par la liste Al-Aridha (la Pétition populaire) propulsée par l'homme d'affaires Hechmi Haamdi. Propriétaire d'une chaîne de télévision, M. Haamdi vit à Londres depuis de nombreuses années. Les partis d'opposition reprochent à cet homme d'être soutenu par les anciens du régime Ben Ali.

L'invalidation des listes d'Al-Aridha dans six circonscriptions a provoqué des émeutes, notamment à Sidi-Bouzid, d'où est originaire M. Haamdi et surtout d'où est née la contestation qui a mené à la fuite de l'ex-président Ben Ali.

La prochaine Assemblée constituante doit rédiger la nouvelle constitution du pays, former un gouvernement et nommer un nouveau président de la république par intérim. Un test démocratique

Le premier test démocratique

Les Tunisiens attendaient avec impatience l'élection de l'Assemblée constituante, d'abord prévue en juillet 2011. Lorsque la haute instance indépendante chargée de la préparation de cette élection a décidé de reporter le scrutin, cela a provoqué une forte protestation de plusieurs partis politiques. Ces derniers ont estimé que le report des élections constituait un risque pour la stabilité du pays.

Finalement, les partis politiques ont accepté le report des élections, prévues le 24 juillet, au 23 octobre.

Depuis la chute du régime tunisien, le pouvoir transitoire, incarné par le président par intérim Foued Mebazaa, est sous pression constante de la population. Une des conséquences de la mobilisation populaire est la démission du premier ministre Mohammed Ghannouchi, qui symbolisait l'ère Ben Ali.

Il ne se passait pratiquement pas un jour en Tunisie sans une manifestation ou un rassemblement de citoyens.

La situation est restée confuse de longs mois. Les protégés de l'ancien régime de Ben Ali étaient souvent accusés de fomenter des troubles pour déstabiliser le pays.

Situation politique : Après son indépendance du protectorat français en 1956, la Tunisie devient une république en 1957. Elle est alors dirigée par le chef nationaliste Habib Bourguiba.

Zine El Abidine Ben Ali, président de la Tunisie de 1987 à 2011

Photo: AFP/Fethi Belaid

Zine El Abidine Ben Ali, président de la Tunisie de 1987 à 2011

Après 30 ans de règne, M. Bourguiba est écarté du pouvoir par son premier ministre, Zine el-Abidine Ben Ali, en 1987. Depuis cette date, le président Ben Ali a été réélu cinq fois avec des résultats frôlant les 100 %.

Le 14 janvier 2011, Ben Ali a quitté son poste de président devant les émeutes sanglantes qui secouaient le pays. Le soulèvement populaire a mené à la formation d'un gouvernement provisoire. « La révolution du jasmin » a inspiré les autres pays du monde arabe, notamment l'Égypte, le Yémen, la Syrie et la Jordanie.

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