![]() Mise à jour le vendredi 4 novembre 2011 à 15 h 55 HAE La SyrieDepuis le début de la révolte en Syrie à la mi-mars, on compte plus de 3000 morts, selon un décompte de l'ONU. Sans compter les arrestations massives. De plus, des centaines de Syriens ont fui le pays vers la Turquie ou le Liban pour échapper aux affrontements et aux exactions des forces de sécurité. La révolte en Syrie ne ressemble en rien aux révoltes qui ont eu lieu en Tunisie, en Égypte ou en Libye. Alors qu'en Tunisie et en Égypte, la population est venue à bout du régime pacifiquement et que les Libyens ont mis fin au règne de Mouammar Kadhafi militairement avec un appui déterminant de l'OTAN, le soulèvement syrien se situe dans une espèce d'entre-deux. D'un côté des citoyens manifestent en maintenant le caractère pacifique de la contestation, d'un autre côté, des groupes armés et des soldats déserteurs s'affrontent avec les forces de sécurité. Les autorités syriennes font d'ailleurs état de nombreuses victimes dans les rangs de l'armée. Le pays étant fermé à la presse étrangère, il est difficile d'établir un bilan et de rendre compte de la situation sur place. Le Conseil national syrien Les différentes composantes de l'opposition syrienne ont essayé de s'organiser durant des mois. Finalement, un Conseil national a été mis sur pied regroupant aussi bien les opposants de l'intérieur que ceux de l'extérieur.
Mais cette instance présidée par Bourhan Ghalioune, un intellectuel et opposant en exil de longue date, ne fait pas l'unanimité au sein de l'opposition à l'intérieur du pays. L'exemple du CNT libyen et l'intervention de l'OTAN ne soulèvent pas l'enthousiasme en Syrie. Des opposants craignent qu'une situation semblable à la Libye ne provoque une guerre civile dans le pays, où la mosaïque de communautés risque d'exploser en cas d'intervention militaire étrangère. Michel Kilo, écrivain et opposant, qui a connu les geôles d'Al-Assad père et fils, par exemple, a refusé d'intégrer le Conseil national syrien, car de nombreux membres prônent l'intervention étrangère. La détermination des contestataires et l'ambiguïté du régime En Syrie, la volonté des protestataires n'a pas faibli, malgré la violente répression. Bien que le Parlement ait adopté un projet de loi abrogeant l'état d'urgence, une situation en vigueur depuis 1963, d'importantes manifestations ont toujours lieu dans le pays pour réclamer le départ du président et la fin du régime. Quelques jours avant la levée de l'état d'urgence, le président syrien Bachar Al-Assad avait prévenu qu'après l'adoption de cette mesure il n'y aurait « plus d'excuses » à la contestation. La démarche du pouvoir syrien est restée ambiguë depuis le début. Une main du pouvoir offre formellement des ouvertures, et l'autre main, lourde, réprime férocement les contestataires. D'un côté, le pouvoir reconnaît la légitimité des revendications de réforme, et d'un autre côté, les annonces, symboliques pour la plupart, se font au compte-gouttes. Quand le président Bachar Al-Assad affirme un jour qu'il a donné l'ordre de ne pas tirer sur les manifestants, le lendemain des dizaines de morts sont enregistrés. Lorsque le président décrète une amnistie générale pour « les crimes » commis avant le 31 mai, on apprend qu'un enfant de 13 ans a été sauvagement torturé et tué par les services de sécurité. Est-ce l'expression d'un tiraillement au sein du régime? Ou bien une façon pour le régime de gagner du temps et venir à bout de la contestation? La position des puissances occidentales Les États-Unis et l'Europe condamnent quasiment tous les jours la répression du régime. De nombreuses fois, le Conseil de sécurité a décidé des sanctions contre le régime. Washington et l'Union européenne ont pour leur part décrété également des sanctions. Mais le régime syrien tient toujours. La Russie et la Chine sont demeurées tout au long de la crise des alliées infaillibles du régime syrien. Mais les puissances occidentales peuvent-elles se permettre une autre intervention en Syrie, dans une région très sensible, après l'expérience libyenne? Bachar Al-Assad : Le président inattendu
En profondeur
Monde arabe : les fondements du régime syrien
article
Minorité alaouite, parti Baas, services de sécurité : explications sur les trois piliers du régime syrien Syrie : chronologie d'un conflitDepuis le 15 mars, les changements politiques, les manifestations et la répression. Fil international en continuMis à jour il y a 2 heures 15 minutesCorrespondants à l'étranger
À ne pas manquer
En profondeur
|