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En profondeur

Mise à jour le jeudi 2 juin 2011 à 14 h 27 HAE

Le Yémen


Au Yémen, la population réclame à grands cris le départ du président Ali Abdallah Saleh, qui, à la dernière minute, a refusé de signer le plan de sortie de crise proposé par le Conseil de coopération du Golfe (CCG). Le CCG est une alliance régionale militaire et politique qui regroupe l'Arabie saoudite, le Koweït, le Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Qatar et Oman.

Depuis, la situation s'est détériorée annonçant un chaos à venir. Les affrontements violents ont lieu entre les forces de l'ordre et les manifestants tous les jours avec leur lot de morts et de blessés.

Le 23 avril, le gouvernement yéménite avait pourtant accepté le plan, suivi deux jours plus tard de l'opposition yéménite.

L'entente prévoit le départ d'Ali Abdallah Saleh dans les 30 jours suivant sa signature. Elle confie le pouvoir à un gouvernement de transition national en attendant la tenue d'élections, qui doivent être organisées deux mois plus tard. S'il est signé, l'accord prévoit l'immunité judiciaire pour le président et ses proches et l'arrêt des manifestations organisées dans le pays.

Toujours des manifestations

Les manifestations se poursuivent donc dans le pays pour réclamer le départ du président. Beaucoup de citoyens ne sont cependant pas en accord avec le plan de sortie de crise. Ils réclament la démission immédiate de Saleh et sa traduction en justice.

La répression du mouvement de contestation a fait au moins 140 morts depuis janvier au Yémen.

Une opposition tenace

Voyant que pas un jour ne passait dans le pays sans manifestations, opposant ceux qui contestaient le régime et ceux qui le soutenaient, le président Ali Abdallah Saleh avait annoncé qu'il ne se représenterait pas pour un nouveau mandat. Cette déclaration n'avait aucunement calmé l'ardeur populaire.

Le président Saleh avait décrété l'état d'urgence, le 18 mars, interdisant notamment aux citoyens de porter une arme. Le bilan des victimes n'a pourtant pas cessé de s'alourdir.

En février, sept députés appartenant au parti au pouvoir, le Congrès populaire général, ont démissionné à cause de la situation dans le pays. Dans un geste d'apaisement, le président avait donné des directives aux services de sécurité pour empêcher les heurts entre manifestants. Il avait aussi réitéré sa volonté d'entamer un dialogue national.

L'opposition au gouvernement réclamait de meilleures conditions de vie, la démocratie, la fin de la corruption et un changement de dirigeants.

Le président yéménite Ali Abdallah SalehNé en 1946, le président Ali Abdallah Saleh règne sur le pays depuis 33 ans. Il est élu président du Yémen du Nord en juin 1978, date de l'assassinat de son prédécesseur, Ahmad al-Ghashmi.

Militaire de formation, il est aussi le commandant en chef des forces armées. Il devient, en 1990, le président du Yémen unifié et écrase, quatre ans plus tard, une insurrection sudiste.

En 1962, il participe à un coup d'État. Une guerre civile secoue le Yémen du Nord jusqu'en 1970, mais le président Saleh demeure au pouvoir, remportant haut la main toutes les élections présidentielles. En 1999 et 2006, il est élu avec 96,2 % et 77,2 % des voix.

Situation politique : Le Yémen vit de graves tensions politiques depuis plusieurs années. Le gouvernement fait face à une rébellion chiite dans le nord du pays et à un mouvement séparatiste dans le sud. De plus, Al-Qaïda de la péninsule arabique (AQPA) cause les plus gros soucis aux autorités.

Devant la pression populaire, le président a annoncé, le 2 février 2010, qu'il renonçait à se présenter pour un autre mandat et qu'il reportait les élections législatives, initialement prévues le 27 avril.

Selon la Constitution, son mandat arrivait à échéance en 2013. Mais un projet d'amendement constitutionnel, en discussion au Parlement, ouvrait la voie à la présidence à vie pour l'actuel chef de l'État.

Le classement de la liberté de la presse par pays de Reporters sans frontières place le Yémen au 170e rang sur 178.

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