![]() Mise à jour le jeudi 10 novembre 2011 à 10 h 01 HAE La JordanieLe roi Abdallah II a nommé, le 17 octobre, Aoun Khassawneh au poste de premier ministre après la démission de Maarouf Bakhit. Il s'agit du troisième premier ministre en une année. M. Khassawneh a accompli la plus grande partie de sa carrière dans les arcanes du pouvoir jordanien. Il a été notamment chef de cabinet du roi Hussein, le père de l'actuel roi. Mais depuis 2000, ce haut fonctionnaire travaillait pour la Cour internationale de justice à La Haye, aux Pays-Bas. Il a été vice-président de cette cour de 2006 à 2009. Dans la foulée, le roi a aussi nommé un nouveau chef de cabinet du palais royal. Le nouveau chef du gouvernement a promis d'accélérer les réformes. Les islamistes du Front de l'action islamique (FAI) ont, dès l'annonce de cette nomination, fait savoir qu'ils ne participeraient pas au nouveau gouvernement. C'est la même démarche qu'ils ont adoptée avec le précédent gouvernement d'ailleurs. À l'instar d'autres pays arabes, la Jordanie connaît de sérieux mouvements de protestation depuis le début de l'année 2001. Dans un élan unifié, les partis d'opposition, la société civile et les tribus réclament des réformes politiques en profondeur, notamment la limitation des pouvoirs du roi, l'éradication de la corruption et la non-ingérence des puissants services de renseignement dans la vie politique. La nomination du nouveau premier ministre survient après de nombreuses manifestations réclamant le départ du précédent chef du gouvernement, accusé de retarder les réformes et de « protéger la corruption ». Par ailleurs, les grandes tribus du pays, qui sont les piliers du régime, se sont attaquées à la reine Rania, l'épouse d'Abdallah II, l'accusant de corruption. On lui reproche aussi de mener un train de vie somptueux, de s'être approprié des terres, pour elle et sa famille, et d'avoir facilité l'obtention de la nationalité jordanienne à 78 000 Palestiniens en cinq ans. Les Jordaniens craignent que l'obtention de la nationalité jordanienne par un grand nombre de Palestiniens ne facilite un plan israélien qui, selon eux, veut transformer la Jordanie en patrie de substitution pour les Palestiniens. Les protestataires estiment que leur pays traverse une crise de pouvoir. La déclaration des personnalités tribales brise un tabou en Jordanie, où les critiques visant la famille royale sont passibles de trois ans de prison. Situation politique : Le roi Abdallah II a succédé à son père, le roi Hussein, en 1999. Il était prévu que le prince Hassan, frère du roi Hussein, soit l'héritier du trône, mais quelques jours avant sa mort, le roi a désigné son fils Abdallah pour lui succéder.
En 2005, le roi, âgé de 49 ans, a promis des réformes politiques, économiques et sociales étalées sur une période de 10 ans. Sur le plan régional, la Jordanie est signataire d'un traité de paix avec Israël depuis 1994. Et la question palestinienne est une question très sensible dans ce pays, d'autant que près de la moitié de sa population est d'origine palestinienne.
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