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En profondeur

Mise à jour le mercredi 1 juin 2011 à 14 h 41 HAE

L'Algérie


En janvier 2011, alors que la Tunisie voisine se soulevait contre le régime Ben Ali, l'Algérie vivait elle aussi au rythme des émeutes, notamment à Alger, la capitale. Le mécontentement a été suscité par la hausse soudaine des prix de certains produits alimentaires, comme l'huile et le sucre. Le mouvement, qui s'est soldé par cinq morts et plusieurs blessés, s'est essoufflé quelques jours plus tard, après que le gouvernement eut baissé les prix.

Les émeutes de janvier ne sont en réalité que le dernier épisode d'une longue série de protestations dans le pays. Selon les chiffres officiels de la gendarmerie nationale, plus de 11 000 émeutes, rassemblements et manifestations ont eu lieu dans ce pays durant l'année 2010.

Ne voulant pas confiner ces événements dans des « émeutes de la faim », des syndicalistes, politiques et militants des droits de la personne se sont organisés autour de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) pour donner un nouveau souffle à la contestation, et surtout lui imprimer des revendications plus politiques, dont celle du départ du régime.

La première marche à laquelle a appelé la CNCD, le 12 février dernier à Alger, a été empêchée par le gouvernement, qui avait mobilisé un impressionnant dispositif sécuritaire (30 000 policiers). La Coordination n'a pas renoncé pour autant à organiser d'autres marches. Les citoyens étaient invités à manifester chaque samedi non seulement à Alger, mais dans toutes les villes du pays.

Après quelques rassemblements étouffés par les forces de l'ordre, la CNCD s'est scindée en deux. D'un côté la société civile, regroupée autour de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme, et de l'autre quelques partis politiques regroupés autour du RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie).

L'aile représentant la société civile a décidé de ne pas participer aux manifestations et de trouver d'autres moyens de contestation, tandis que l'aile politique a maintenu ses marches quelques semaines, mais n'a pas réussi à mobiliser la population.

De son côté, le pouvoir algérien a annoncé plusieurs mesures destinées à apaiser le mécontentement de la population, notamment la levée de l'état d'urgence en vigueur depuis 19 ans, l'ouverture des médias audiovisuels à l'opposition et la possibilité d'organiser des marches en dehors de la capitale.

Après l'annonce de cette série de mesures, le président algérien a mis en place la Commission consultative sur les réformes politiques. Celle-ci est donc chargée de consulter les acteurs politiques et sociaux afin de proposer des réformes avant septembre 2011.

Pendant ce temps, il ne se passe pas un jour sans qu'un secteur de la société ne manifeste pour réclamer une amélioration des conditions de travail et de vie. Un jour, ce sont les étudiants en médecine, un autre ce sont les greffiers de justice ou les enseignants.

Situation politique : Le président Abdelaziz Bouteflika est à la tête du pays depuis avril 1999. Il a aussi été ministre des Affaires étrangères durant de nombreuses années, après l'indépendance du pays en 1962.

Un amendement de la Constitution, en 2008, lui a permis de briguer un troisième mandat en 2009 et d'être ainsi élu avec 90,24 % des voix.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika

Photo: AFP/MAHMUD TURKIA

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika

Le président Bouteflika est arrivé au pouvoir après une décennie d'affrontements entre différents groupes armés islamistes et les forces gouvernementales, qui ont fait près de 200 000 morts et 10 000 disparus.

Alors que les revenus du pétrole augmentent de façon remarquable, la situation sociale ne cesse de se détériorer.

Quant à la situation politique, elle demeure bloquée depuis près de 20 ans.

Dans le classement de la liberté de la presse de l'ONG Reporters sans frontières, l'Algérie occupe la 133e place sur 178.

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