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En profondeur

Journalistes:Kamel Bouzeboudjen, Laïla Maalouf et Ahmed Kouaou

Mise à jour le mardi 20 décembre 2011 à 16 h 09 HAE

La révolte populaire, comme une traînée de poudre


Le printemps arabe a traversé les saisons. Si les soulèvements populaires ont permis de chasser des dictateurs du pouvoir, comme en Libye, en Tunisie et en Égypte, le mouvement est loin de s'essouffler ailleurs, où les manifestants multiplient leurs actions.

C'est le geste désespéré d'un jeune marchand de fruits et de légumes en Tunisie qui a déclenché le soulèvement populaire menant à la naissance du printemps arabe. Le 17 décembre 2011, des milliers de personnes ont rendu hommage au marchand Mohammed Bouazizi, un an jour pour jour après que celui-ci se fut immolé par le feu à Sidi Bouzid pour dénoncer les conditions de vie économiques et sociales dans son pays.

Après un mois de soulèvement en Tunisie, le président Zine el-Abidine Ben Ali a dû se résoudre à quitter le pouvoir le 14 janvier 2010 après 23 ans de règne sans partage. Quelques semaines plus tard, le même sort a été réservé au président égyptien Hosni Moubarak, chassé à coups de manifestations monstres.

En Libye, après 42 ans de règne et 8 mois de révolte populaire, le leader libyen en fuite Mouammar Kadhafi a été tué en octobre dans le dernier assaut contre Syrte, sa région d'origine.

Toutefois, au plan politique et sur le terrain rien n'est encore réglé pour de nombreux pays. Au Caire, des violences meurtrières opposant des militaires à des manifestants se déroulent toujours. Les manifestants contestent la nomination par les militaires du nouveau premier ministre, ancien chef du gouvernement sous le président déchu Moubarak.

Au Yémen, les démonstrations pacifiques se sont transformées en conflit armé au fil des mois. En novembre, le président Ali Abdallah Saleh a signé l'accord de transfert du pouvoir qui consacre la fin de son règne de 33 ans sur le pays et ouvre la voie à des élections présidentielles. Même si ces pouvoirs ont été transférés, il conserve le titre de président jusqu'à ce que son successeur soit élu le 21 février prochain.

La contestation contre le régime du président syrien Bachar Al-Assad se poursuit et la violence a pris récemment des proportions sans précédent. Selon la plus récente estimation des Nations unies, plus de 5000 civils ont été tués depuis le début du soulèvement. De son côté, le régime syrien, qui dit combattre des « terroristes armés », affirme avoir perdu plus de 1000 membres des forces de sécurité dans des affrontements.

Quelle révolution?

Qu'est-ce qui soulève les populations arabes? Quels sont les points communs et les différences entre ces pays? Parmi les similarités : un pouvoir sclérosé, la répression, des conditions économiques difficiles et un taux de chômage très élevé chez les jeunes.

La caractéristique principale des contestations, c'est qu'elles sont nées dans la rue, en l'absence des organisations et des partis politiques. En Tunisie, les syndicats ont suivi le mouvement populaire, mais ils n'ont pas été à l'origine de la révolte. C'est l'immolation par le feu de citoyens anonymes, des jeunes en l'occurrence, qui a provoqué la contestation populaire. C'est le cas également en Égypte, en Jordanie et au Yémen.

De nombreux analystes politiques estiment qu'il s'agit là de la révolution des jeunes, assoiffés de démocratie et de justice, et d'Internet. Les réseaux sociaux, Facebook et Twitter, ont en effet permis aux manifestants de s'organiser, de s'informer et de se solidariser, au nez et à la barbe de régimes souvent reconnus pour leur manque de transparence et leurs atteintes à la liberté d'expression.

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