Un manifestant égyptien brandit une affiche qui dit « Moubarak, tu es déchu, va-t'en. »
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AFP/Marco Longari
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a déclaré lundi qu'il suivait avec inquiétude la révolte populaire en Égypte et qu'il craignait qu'elle ne débouche sur un régime islamique radical à l'iranienne.
Interrogé par la presse en présence de la chancelière allemande, Angela Merkel, en visite en Israël, le chef de gouvernement a reconnu qu'Israël était préoccupé par la perspective d'un changement de régime en Égypte.
« Il est exact que l'islam extrémiste n'est pas à l'origine de l'instabilité. Ce n'était certainement pas le cas en Tunisie, et je ne pense pas que cela le soit en Égypte », a expliqué M. Nétanyahou.
« Mais il est aussi vrai que dans une situation de chaos, un mouvement islamiste organisé peut prendre le contrôle de l'État. C'est arrivé en Iran et ailleurs », a ajouté le premier ministre.
Selon l'édition de lundi du quotidien israélien Haaretz, Israël a réaffirmé sa position en faveur de la stabilité et de la sécurité en sommant ses diplomates à inviter ses alliés, dont les États-Unis et le Canada, à cesser de critiquer l'Égypte afin de maintenir la stabilité dans la région.
L'Union européenne durcit le ton envers Moubarak
L'Union européenne (UE) a exhorté lundi le régime Moubarak à mettre en place d'importantes réformes pour répondre aux insatisfactions exprimées par la rue et préparer l'Égypte à des élections.
Réunis à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères européens ont adopté une déclaration dans laquelle ils appellent les autorités égyptiennes « à se lancer dans une transition dans le calme via un gouvernement de rassemblement conduisant à un processus authentique de réformes démocratiques substantielles ».
Celles-ci doivent conduire « à des élections libres et justes », précise le texte, qui reconnaît aussi « les aspirations légitimes et les souffrances de la population égyptienne ».
Avant la réunion, la diplomate en chef de l'UE, Catherine Ashton, avait appelé le président Hosni Moubarak à amorcer « immédiatement » un dialogue avec l'opposition. « Il faut répondre de manière urgente » aux besoins des manifestants à plus de démocratie « avec des initiatives concrètes et réelles », a-t-elle déclaré.
Mme Ashton a également réitéré son appel aux forces de l'ordre égyptiennes « à faire preuve de retenue » à l'endroit des protestataires et sa demande de libération « de tous les manifestants pacifiques ».
De son côté, la Maison-Blanche s'est félicitée de la retenue affichée par les forces de l'ordre égyptiennes face aux manifestants qui réclament le départ du président Hosni Moubarak. Washington a également confirmé que la Maison-Blanche a été en contact avec le gouvernement égyptien au cours des derniers jours.
Le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, a également invité manifestants et forces de l'ordre à poursuivre dans la même veine au cours des prochaines heures. Une manifestation d'envergure est prévue pour mardi pour souligner la première semaine de la révolution égyptienne. Tout en souhaitant demeurer à l'écart des affaires internes de l'Égypte, la Maison-Blanche espère une transition ordonnée vers la démocratie.
À la Chambre des communes, à Ottawa, le premier ministre Stephen Harper a parlé de la situation en Égypte comme d'« événements importants ». « Nous voulons que s'instaure une transition vers des valeurs élémentaires comme la liberté, la démocratie, les droits de l'homme et la justice », a-t-il déclaré.
Tandis qu'il répondait à des questions sur l'évacuation des ressortissants canadiens d'Égypte, le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a dit qu'il serait inapproprié de s'ingérer dans la politique intérieur d'un pays. Interrogé au sujet de l'avenir du régime Moubarak, il a réitéré qu'il revenait à la population locale de prendre ces décisions.
Dimanche, les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne avaient déjà appelé M. Moubarak à procéder à des changements, tandis qu'Israël et l'Arabie saoudite mettaient l'accent sur l'importance de la stabilité et de la sécurité.
L'ex-président américain Jimmy Carter, qui a parrainé les accords de paix entre Israël et l'Égypte, a pour sa part déclaré que M. Moubarak serait contraint de démissionner, car « le peuple l'a décidé », a rapporté un journal georgien, dimanche.