La prison pour Khodorkovski jusqu'en 2017

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Mikhaïl Khodorkovski (à gauche) et son associé Platon Lebedev dans le box des accusés. Mikhaïl Khodorkovski (à gauche) et son associé Platon Lebedev dans le box des accusés.  Photo :  AFP/Dmitry Kostyukov

L'ex-magnat du pétrole russe, Mikhaïl Khodorkovski a été condamné jeudi à une peine d'emprisonnement de 14 ans pour détournement de fonds et blanchiment d'argent.

Son principal associé, Platon Lebedev, a écopé de la même sentence.

L'ex-patron du groupe pétrolier Ioukos et son associé ont été reconnus coupables, dans un jugement de 800 pages, du vol de millions de tonnes de pétrole et d'avoir blanchi 23,5 milliards de dollars.

Les deux hommes devront rester derrière les barreaux jusqu'en 2017, car le tribunal a déduit de leur peine les huit années passées en prison depuis leur arrestation en 2003.

Ils ont été condamnés en 2005, lors d'un premier procès, à huit ans de prison pour escroquerie à grande échelle et évasion fiscale.

Dans le box des accusés, Mikhaïl Khodorkovski a accueilli la sentence du juge avec un sourire.

L'arrestation en 2003 du magnat du pétrole russe et le démantèlement de son empire pétrolier par Moscou ont valu de nombreuses critiques au gouvernement de Vladimir Poutine.

Plusieurs l'ont accusé d'avoir fait arrêter l'homme d'affaires dans le but de prendre le contrôle de son empire pétrolier et de l'empêcher de se lancer en politique. Mikhaïl Khodorkovski, qui jouissait d'une certaine popularité en Russie à la fin des années 1990, contredisait ouvertement les politiques du gouvernement Poutine et finançait des partis d'opposition.

Des réactions internationales

Plusieurs pays ont réagi au verdict et à la peine imposée jeudi à l'ex-magnat du pétrole et à son associé. À Washington, la Maison-Blanche a vivement critiqué la Russie. Le porte-parole du département d'État, Mark Toner, a parlé d'utilisation « abusive du système judiciaire pour servir des fins impropres » de la part du gouvernement russe. Il estime qu'il n'est pas possible de développer une économie moderne « sans développer en même temps une justice indépendante ».

Dans un communiqué, le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, a déclaré qu'il y a encore « un très long chemin à accomplir » pour que la Russie modernise son système judiciaire.

Pour sa part, l'Allemagne considère que ce procès soulève « de sérieuses questions sur le respect de l'État de droit ». Les Allemands estiment qu'il s'agit « d'un pas en arrière sur le chemin de la modernisation en Russie » qui est prônée par le président Dimitri Medvedev.

Tout en demandant à Moscou de « tenir pleinement compte des préoccupations », la diplomatie française a ajouté que « la consolidation de l'État de droit est une condition nécessaire à la réussite du processus de modernisation de la Russie ».

Enfin, William Hague, chef de la diplomatie britannique, a fait part de sa « profonde préoccupation » et demandé à la Russie de « respecter les principes de la justice ».

Ces commentaires ont été jugés inacceptables par le gouvernement russe.

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