Un gouvernement d'unité nationale à Bagdad

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters

Les députés du Parlement irakien ont approuvé mardi la composition du gouvernement d'unité nationale présenté par le premier ministre Nouri al-Maliki, mettant ainsi un terme à neuf mois d'intenses tractations politiques depuis les législatives du 7 mars.

Le Cabinet du premier ministre Nouri al-Maliki. Le Cabinet du premier ministre Nouri al-Maliki.   © AFP/Ali al-Saadi

Les législateurs ont également adopté son programme gouvernemental en 43 points, qui prévoit, entre autres, le passage d'une économie centralisée à une économie de marché.

Le gouvernement de M. Maliki, qui dirige un parti chiite, a obtenu l'appui des Kurdes et du parti Irakia de l'ex-premier ministre Iyad Allaoui, qui est essentiellement soutenu par les sunnites.

Maliki a reconnu que l'annonce de mardi était le résultat de difficiles compromis entre les différentes forces politiques du pays. « Je ne dis pas que ce gouvernement, avec toutes ses composantes, est satisfaisant pour les citoyens, pour les blocs politiques, pour mon ambition [...] étant donné qu'il a été formé dans des circonstances extraordinaires » a-t-il déclaré aux élus avant le vote.

Un des proches conseillers du premier ministre, Ali Moussawi, a été plus explicite. « Ce cabinet ne représente pas l'ambition du premier ministre mais celles des groupes politiques. [M. Maliki] aurait préféré diriger un gouvernement basé sur une majorité [parlementaire] plutôt qu'un cabinet d'alliances », a-t-il dit.

« Mais les résultats des élections ont fait qu'un gouvernement de la majorité aurait été un gouvernement d'une seule couleur confessionnelle, ce qu'il a voulu éviter », a ajouté M. Moussawi.

M. Allaoui, qui a longtemps espéré devenir chef du gouvernement, a proposé de « tourner la page » sur des mois de tractations acrimonieuses. « Nous espérons que le gouvernement, né dans la douleur, réussira pour le bien de la population et nous lui apportons notre plein soutien », a-t-il déclaré.

« Irakia jouera un rôle actif, productif et coopératif », a ajouté M. Allaoui. Le chef d'Irakia, un chiite laïque, a d'ores et déjà fait savoir qu'il rejoindrait le gouvernement en tant que dirigeant d'un nouveau Conseil national de politique stratégique.

Une femme sans portefeuille au Cabinet

Le Parlement a formellement approuvé le choix de M. al-Maliki à titre de premier ministre, puis trois vice-premiers ministres et 29 ministres. Le cabinet ne comprend qu'une seule femme, nommée secrétaire d'État sans portefeuille.

Neuf portefeuilles, dont ceux de l'Intérieur et de la Défense, n'ont toujours pas été accordés.

« J'ai décidé de retarder ces nominations pour deux raisons : j'avais demandé à tous les groupes politiques de proposer des femmes et je ne vous cache pas que je n'ai reçu qu'une seule candidate et ce n'est pas assez », a expliqué M. Maliki aux députés.

« Par ailleurs, j'essaie de choisir les meilleurs et les plus expérimentés, mais malheureusement j'ai reçu certaines [candidatures] très tard, y compris aujourd'hui, et j'ai besoin de temps pour les examiner », a-t-il ajouté.

La députée kurde Ala Talabani s'en est vertement prise au premier ministre en raison de l'absence quasi totale de femmes au Cabinet.

« Aujourd'hui, la démocratie a été décapitée par le sexisme comme elle l'a été autrefois par le confessionnalisme. Je suggère à M. Maliki de choisir même un homme pour le ministère des Droits de la femme puisque vous ne faites pas confiance aux femmes », a-t-elle déclaré. Le précédent gouvernement al-Maliki comptait quatre femmes.

Outre le passage à l'économie de marché, le programme du gouvernement préconise la lutte contre la corruption, le terrorisme et le confessionnalisme, ainsi qu'une augmentation de la production pétrolière.

Malgré la formation de ce gouvernement d'union nationale, l'Irak est toujours en proie aux attaques du groupe État islamique d'Irak, qui se réclame d'Al-Qaïda.

Les plus récentes attaques du groupe ont visé les chrétiens et les chiites, qui constituent le groupe confessionnel le plus important (60 % à 65 % de la population) du pays, mais qui étaient écartés de toutes les sphères du pouvoir sous le régime de Saddam Hussein.

Correspondants
à l’étranger

  • Manon Globensky
    Manon Globensky

    Audio -  Les Occidentaux durcissent le ton contre le régime syrien

  • Luc Chartrand
    Luc Chartrand

    Vidéo -  Présidentielles en Égypte : les candidats au second tour

  • Ginette Lamarche
    Ginette Lamarche

    Audio -  Élections égyptiennes : les inquiétudes des coptes

Tous les correspondants

Facebook