Le premier ministre visé par un rapport sur le trafic d'organes

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Hashim Thaçi Le premier ministre Hashim Thaçi (archives)   © AFP/STR

Un rapport du Conseil de l'Europe accuse le premier ministre du Kosovo, Hashim Thaçi, d'avoir protégé des réseaux criminels responsables de trafic d'organes de prisonniers serbes.

En 1999, après la guerre du Kosovo, des chefs des milices de l'Armée de libération du Kosovo auraient tué des prisonniers et prélevé leurs organes à des fins de transplantation à l'étranger. Le trafic se poursuivrait encore aujourd'hui, sous d'autres formes.

Le rapport indique aussi que le premier ministre kosovar, dont le parti a été réélu dimanche dernier, est lié au commerce de l'héroïne depuis dix ans.

De plus, le Conseil de l'Europe blâme l'ONU, qui administre le Kosovo, d'avoir fermé les yeux sur ces pratiques au profit de la stabilité dans la région.

Les États-Unis ont réagi mercredi à la publication du rapport en demandant aux auteurs de fournir les preuves de leurs allégations.

Le porte-parole du département d'État, Philip Crowley, considère que « tous les éléments et toutes les sources citées dans le rapport doivent être donnés aux autorités compétentes pour mener une enquête complète et dans les règles ».

Par ailleurs, la porte-parole de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a invité le rapporteur du Conseil de l'Europe, Dick Marty, à présenter les preuves à sa disposition à la Mission européenne de police et de justice au Kosovo. Pour sa part, Amnistie internationale demande à l'organisme d'ouvrir une enquête sur « l'implication présumée » d'Hashim Thaçi dans cette affaire.

Hashim Thaçi était le représentant politique de l'Armée de libération du Kosovo pendant la guerre d'indépendance face à la Serbie, en 1998-1999. Les élections générales tenues il y a quelques jours au Kosovo étaient les premières depuis 2008, année où le Kosovo a proclamé son indépendance de la Serbie.