La chaise vide rappelle l'absence forcée de Liu Xiaobo lors de la remise du prix Nobel de la paix 2010.
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La cérémonie de remise du prix Nobel de la paix 2010 s'est déroulée comme prévu à Oslo, en Norvège, en l'absence du lauréat. Il est décerné cette année, dans la controverse, au dissident chinois Liu Xiaobo.
Ce dernier étant emprisonné en Chine pour avoir réclamé plus de liberté et de démocratie, personne n'était présent pour recevoir la prestigieuse distinction assortie d'une bourse de 10 millions de couronnes suédoises (environ 1,5 million $ CAN).
L'absence de M. Liu a été représentée à la cérémonie par une chaise vide disposée dans la salle à l'endroit où il aurait dû être assis.
Dans son allocution, le président du comité Nobel, Thorbjoern Jagland, a exhorté Pékin à libérer Liu Xiaobo.
« Liu n'a fait qu'exercer ses droits civiques. Il n'a rien fait de mal. Il doit être libéré », a plaidé M. Jagland, soulignant que la Constitution chinoise garantit officiellement la liberté d'expression et le droit de critiquer l'appareil d'État.
Moins d'une vingtaine d'absents
Le dissident chinois Liu Xiaobo, en 2005.
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Contrairement à ce que déclarait le gouvernement chinois, moins d'une vingtaine de pays ont boycotté la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix.
Plus tôt cette semaine, Pékin affirmait que la majorité des pays invités ne seraient pas présents à la cérémonie, ce qu'avait démenti le comité Nobel.
Selon l'Institut Nobel, outre la Chine, la Russie, l'Afghanistan, l'Algérie, l'Arabie Saoudite, Cuba, l'Égypte, l'Irak, l'Iran, le Kazakhstan, le Maroc, le Pakistan, le Soudan, la Tunisie, le Venezuela, le Vietnam et l'Autorité palestinienne ont décliné l'invitation. Le Sri Lanka, un allié de la Chine, n'a pour sa part pas répondu à l'invitation de l'Institut. Des doutes persistaient aussi sur la présence des Philippines.
Pékin, qui mène une campagne diplomatique intensive contre la remise du prix Nobel de la paix à Liu Xiaobo affirmait qu'une centaine de pays se rangeaient à ses côtés pour dénoncer ce geste du comité Nobel.
Or, selon le directeur de l'Institut Nobel, Geir Lundestad, 44 des 65 pays qui ont une ambassade à Oslo ont confirmé leur présence.
Un prisonnier politique
La prison de Jingzhou où Liu Xiaobo est incarcéré
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Le gouvernement chinois s'oppose catégoriquement à la décision du comité Nobel de décerner la prestigieuse distinction au dissident chinois Liu Xiaobo, condamné à 11 ans de prison par Pékin pour activités subversives.
Le militant chinois de 54 ans a été emprisonné pour avoir participé à la rédaction de la Charte 08, un manifeste qui réclame l'ouverture et la démocratisation du régime politique chinois.
Recevant cet automne la décision du comité Nobel comme une gifle, Pékin a qualifié « d'obscène » l'attribution du prix Nobel de la paix à M. Liu.
Pékin en campagne contre le comité Nobel
Le régime chinois s'est depuis engagé dans une vaste campagne diplomatique auprès de ses alliés et de ses partenaires commerciaux pour qu'ils boycottent la cérémonie. Pékin a notamment prévenu les pays européens que tout soutien à Liu Xiaobo serait considéré comme un affront à la justice chinoise.
Censure sur Internet
Des manifestants réclament la libération de Liu Xiaobo à Hong Kong.
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PC/Kin Cheung
Ce matin, en Chine, les mots « chaise vide » et « Oslo » étaient censurés sur les grands sites Internet du pays et les réseaux sociaux chinois.
Pour défier le régime chinois, des internautes ont commencé à poster sur la Toile des photos de toutes sortes de chaises vides, en référence au prix Nobel remis en l'absence de Liu Xiaobo, toujours détenu en prison.
Selon l'agence Reuters, c'est la première fois depuis 1935 qu'un lauréat du prix Nobel de la paix se voit empêché d'aller recevoir son prix à Oslo. À l'époque, le régime nazi d'Adolf Hitler avait refusé que le pacifiste Carl von Ossietzky se rende en Norvège pour y recevoir son prix.