Paris ne veut pas WikiLeaks

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters

Une procédure visant à empêcher le serveur français OVH d'héberger le site Internet WikiLeaks a été lancée en France vendredi. Le ministre de l'Industrie et de l'Économie numérique Éric Besson a demandé à une autorité administrative de lui indiquer les modalités techniques pour parvenir à cette fin.

Une internaute consulte WikiLeaks. En arrière-plan, une photo du fondateur du site, Julian Assange. Une internaute consulte WikiLeaks. En arrière-plan, une photo du fondateur du site, Julian Assange.   © AFP/Jens Buettner

« La France ne peut héberger des sites Internet qui violent ainsi le secret des relations diplomatiques et mettent en danger des personnes protégées par le secret diplomatique », écrit M.Besson dans un courrier transmis à la presse.

Mercredi, WikiLeaks a eu recours à OVH pour héberger une partie de son contenu, après s'être fait expulser du serveur américain Amazon. Une autre partie de son contenu demeure cependant hébergée en Suède.

La démarche du gouvernement français est engagée au moment où WikiLeaks, qui a entrepris la publication de 250 000 notes diplomatiques américaines la semaine dernière, lutte pour rester accessible.

Le site a réussi à se remettre en ligne, vendredi, après environ six heures d'interruption. Il est maintenant disponible à l'adresse wikileaks.ch.

Son adresse précédente, wikileaks.org, ne fonctionne plus depuis jeudi 22 h, heure de l'Est. Le fournisseur de noms de domaine EveryDNS.net a expliqué qu'il interrompait son service parce que les attaques informatiques massives contre le site menaçaient l'ensemble de son réseau.

« Domaine WikiLeaks.org tué par Américain everyDNS.net après allégations d'attaques massives. » — Compte Twitter de WikiLeaks

Des entreprises comme EveryDNS.net fournissent des noms de domaine et les transforment en adresse IP (Internet protocol). Lorsque le service est interrompu, le site est désactivé.

Peu après l'annonce d'EveryDNS.net, le site fondé par Julian Assange a annoncé sur Twitter son déménagement en Suisse. Il a aussi appelé ses partisans à l'aider en lui donnant de l'argent par l'entremise d'un site de donations.

WikiLeaks a rapporté ces derniers jours avoir été la cible d'attaques informatiques par déni de service (DDOS). De telles attaques sont habituellement menées par un grand nombre d'ordinateurs porteurs de virus qui se connectent simultanément sur un site, saturant les serveurs et provoquant une déconnexion pure et simple.

La publication des notes diplomatiques obtenues par WikiLeaks suscite la colère de Washington et l'embarras de plusieurs pays dans le monde, du Canada à la Chine, en passant par la Russie et plusieurs pays du Moyen-Orient.

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