Deux des favoris se rallient au processus électoral

Radio-Canada avec Agence France-Presse et La Presse Canadienne
Jean-Michel Leprince fait le point.

En Haïti, au lendemain d'un premier tour de scrutin marqué par des irrégularités, deux des favoris à l'élection présidentielle ont atténué leurs critiques, lundi. La veille, l'ancienne sénatrice Mirlande Manigat et le chanteur Michel Martelly avaient pourtant joint leur voix à celles de 10 autres candidats qui réclamaient l'annulation du scrutin.

Revenant sur leur décision, ils ont expliqué que les fraudes rapportées semblaient moins graves que ce que laissaient présager les indications de la veille.

« C'est probablement cette déclaration d'hier qui fait que les résultats qui arrivent aujourd'hui sont ce qu'ils sont », a déclaré le Michel Martelly, surnommé Sweet Micky, au cours d'une conférence de presse.

« Nous commençons à recevoir des procès verbaux qui montrent clairement [que] là où il n'y a pas eu de magouilles c'est le changement qui mène. » — Le candidat à la présidentielle Michel Martelly

« On s'attend à ce que le changement gagne les élections », a ajouté M. Martelly. « Maintenant que je sais que je mène », a-t-il même lancé.

Mirlande Manigat, la favorite, selon les sondages tenus avant le scrutin, a de son côté affirmé qu'elle avait de « bonnes chances de gagner ». Elles s'est dite prête à participer à un éventuel second tour.

Les 10 autres candidats qui réclamaient l'annulation de ces élections en raison des fraudes électorales ont cependant réitéré leur appel. Dimanche, dans leur déclaration commune lue devant des partisans à Port-au-Prince, ils avaient dénoncé « un complot du gouvernement et du Conseil électoral provisoire pour trafiquer les élections au profit du candidat du parti au pouvoir », Jude Célestin.

Lundi, le Conseil électoral provisoire (CEP) a validé le premier tour du scrutin pour la plus grande partie du pays, en dépit des incidents rapportés et de la vague de contestation. Ces élections présidentielles et législatives ont été un succès, a estimé le CEP.

Les résultats ont été annulés dans seulement 3,5 % des bureaux de vote. Le CEP a promis de produire un bilan complet sur le déroulement des élections d'ici trois jours.

D'irrégularités à « farce évidente »

Malgré des « irrégularités », le chef de la mission d'observation conjointe de l'Organisation des États américains (OEA) et des pays du Marché commun de la Caraïbe (Caricom), Colin Granderson, a jugé les élections valides.

Le scrutin est cependant contesté par des observateurs américains du Center for Economic and Policy Research (CEPR), qui ont qualifié ces élections de « farce évidente ». Ils estiment que le processus a été entaché par plusieurs irrégularités et appellent la communauté internationale à rejeter les résultats.

L'Organisation internationale de la francophonie s'est de son coté montrée prudente dans ses commentaires. Ses observateurs ne parlent pas de fraude pour l'instant, mais reconnaissent qu'il y a eu de sérieux problèmes, notamment ces électeurs qui n'ont jamais réussi à trouver leur nom sur la liste électorale.

Les chefs de mission de l'Union européenne, qui ne sont pas prononcés sur la régularité de la consultation, ont appelé la population et les forces politiques du pays à garder leur calme.

L'ONU a pour sa part exprimé sa « vive préoccupation » à la suite des nombreux incidents qui ont été rapportés pendant ce premier tour de scrutin. Deux personnes ont perdu la vie au cours de heurts qui ont éclaté.

Les Haïtiens devaient élire un président, mais aussi renouveler leur assemblée nationale et élire 11 sénateurs.

Onze mille militaires des Nations unies sont déployés pour surveiller le scrutin. Si aucun candidat n'amasse plus de 50 % du vote, un second tour sera nécessaire le 16 janvier. Les résultats du premier tour doivent être diffusés à partir du 5 décembre

Pendant ce temps, l'épidémie de choléra a continué de se propager. Depuis son apparition dans le pays, à la mi-octobre, le choléra a fait plus de 1700 morts, selon le plus récent bilan.

Correspondants à l'étranger

Tous les correspondants

Facebook