Condamné à quarante ans, Khadr en purgera huit

Omar Khadr en 2010 Omar Khadr en 2010   © PC/AP, Janet Hamlin

À Guantanamo, un tribunal militaire d'exception a condamné le Canadien Omar Khadr à 40 ans de prison.

Le Canadien Omar Khadr, seul Occidental toujours détenu à la prison de Guantanamo, est condamné à 40 ans de prison pour des crimes commis alors qu'il avait 15 ans. Il en purgera huit, en vertu d'une entente conclue avant qu'il plaide coupable.

Il en purgera cependant huit, en vertu d'une entente conclue entre ses avocats et ceux du gouvernement américain avant qu'il plaide coupable. Il était prévu que Khadr purge la peine la plus courte entre celle du jury et celle prévue dans cette entente.

Des notes diplomatiques américaines rendues publiques indiquent qu'Omar Khadr passera un an en territoire américain et pourra faire une demande de transfert au Canada par la suite pour y purger le reste de sa peine. De plus, le Canada serait « enclin » à accepter un éventuel transfert, révèlent ces notes.

Dans un communiqué émis dimanche, le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a indiqué qu'Ottawa n'avait pas l'intention d'intervenir dans ce dossier pour le moment. Il a ajouté qu'une éventuelle demande de transfert d'Omar Khadr serait traitée comme celle de tout autre Canadien. Plusieurs autres groupes ont critiqué le processus judiciaire qui a mené à la condamnation du Canadien.

La peine doit maintenant être confirmée par une autorité extérieure à Guantanamo, ce qui serait une formalité, selon ce qu'a expliqué l'envoyé spécial de Radio-Canada Frédéric Arnould.

Dans tous les cas, les huit années qu'Omar Khadr a déjà passées à la prison de Guantanamo ne comptent pas. Il devra donc purger huit ans supplémentaires.

Âgé de 24 ans, le seul Occidental toujours détenu dans cette prison située à Cuba, Omar Khadr a plaidé coupable, lundi dernier, à des accusations de meurtre et de crime de guerre. Il a reconnu avoir tué le soldat américain Christopher Speer lors d'un combat en Afghanistan, en juillet 2002, alors qu'il était âgé de 15 ans.

Longues délibérations

Le jury chargé de déterminer sa peine a délibéré pendant près de 12 heures. Dimanche, il avait demandé à revoir le témoignage d'un ancien conseiller juridique militaire qui parlait du « potentiel de réinsertion » de Khadr.

Le gouvernement américain accusait Omar Khadr de crime de guerre, d'espionnage, de complot ainsi que du meurtre du soldat américain Christopher Speer, sur lequel il aurait lancé une grenade.

Pour chacun des cinq chefs d'accusation qui le visaient, Omar Khadr risquait la prison à vie.

L'accusation, qui a dépeint le jeune Canadien comme un djihadiste radical, avait demandé aux jurés de fixer sa peine à 25 ans de prison supplémentaires.

Elle avait fait valoir qu'il fallait envoyer un message clair et démontrer que les États-Unis ne toléraient pas les actes terroristes. « Ne vous trompez pas, le monde vous regarde », avait affirmé le procureur Jeffrey Groharing. Pour convaincre les sept jurés militaires, il avait insisté sur le fait que l'accusé n'avait jamais répudié Al-Qaïda et avait estimé que ses excuses étaient venues beaucoup trop tard.

« Omar Khadr est un terroriste accompli [...]. Il a commis des crimes d'adulte. » — Le procureur des États-Unis

La défense avait pour sa part réclamé 10 ans d'emprisonnement, comprenant les huit qu'il a déjà purgés. L'avocat militaire d'Omar Khadr, le lieutenant-colonel Jon Jackson, avait souligné qu'à l'époque des crimes qui lui sont reprochés, il avait seulement 15 ans et que, de ce fait, il n'avait pas combattu auprès d'Al-Qaïda de son propre chef, mais pour obéir à son père, un proche d'Oussama ben Laden.

« C'était un enfant, avec un mauvais père. » — Le lieutenant-colonel Jon Jackson, avocat militaire d'Omar Khadr

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