Omar Khadr présente ses excuses

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et La Presse Canadienne
Tabitha Speer, veuve du soldat Chris Speer, témoigne au procès d'Omar Khadr le 28 octobre 2010. Tabitha Speer, veuve du soldat Chris Speer, témoigne au procès d'Omar Khadr le 28 octobre 2010.   © PC/Janet Hamlin

Prenant la parole pour la première fois depuis le début de son procès à Guantanamo, Omar Khadr s'est adressé jeudi à la veuve du soldat Chris Speer, tué par une grenade que Khadr admet maintenant avoir lancée. Présentant ses excuses, il a affirmé qu'il est « vraiment désolé pour la peine [qu'il a] causée ».

Prenant la parole pour une première fois depuis le début de son procès, le Canadien s'est excusé auprès de la veuve du soldat Chris Speer, qu'il a admis avoir tué. Pour sa part, Tabitha Speer a déclaré que Khadr restera « toujours un meurtrier ».

« J'aurais souhaité pouvoir faire quelque chose pour effacer cette douleur », a-t-il ajouté. Interrogé par son avocat militaire, M. Khadr a expliqué qu'il a compris en prison la « beauté de la vie » et qu'il souhaite devenir médecin afin de « soulager les autres de la douleur ».

Commentant son plaidoyer de culpabilité, Khadr a affirmé avoir agi ainsi afin de prendre ses responsabilités.

Transcription du témoignage d'Omar Khadr

Plus tôt, Tabitha Speer, la veuve du soldat Chris Speer s'est adressée au tribunal où elle a indiqué que l'âge du jeune Canadien lors des actes qui lui sont reprochés ne devrait pas entrer en ligne de compte dans la sentence que déterminera le jury composé de sept militaires américains.

« Mon mari était une bonne personne. À mes yeux, vous serez toujours un meurtrier. » — Tabitha Speer, veuve du soldat Chris Speer

À ceux qui affirment que M. Khadr est une victime ou un enfant, Mme Speer répond, en s'adressant à Omar Khadr, que « les victimes, les enfants, ce sont mes enfants, et pas vous ».

Dans une lettre adressée au tribunal, la représentante spéciale de l'ONU pour les enfants et les conflits armés, Radhika, a exhorté mercredi le jury de ne pas condamner le jeune Canadien à une peine de prison en raison de son âge au moment des faits qui lui sont reprochés.

Jugeant qu'il remplit les critères décrivant un enfant-soldat, Mme Coomaraswamy plaide pour le renvoi au Canada d'Omar Khadr afin qu'il bénéficie d'un « programme de réadaptation contrôlé » mis sur pied par des psychologues et d'autres spécialistes.

D'ailleurs, le capitaine Patrick McCarthy, qui avait un entretien hebdomadaire avec Khadr à Guantanamo entre 2006 et 2008, a affirmé par vidéoconférence qu'Omar Khadr pouvait, selon lui, être réhabilité. Il base son opinion sur l'âge du Canadien, son manque d'expérience et le fait que c'est son père qui l'a emmené en Afghanistan.

Lawrence Cannon, ministre des Affaires étrangères du Canada Lawrence Cannon, ministre des Affaires étrangères du Canada

Questionné jeudi matin par la presse sur les intentions de son gouvernement quant à Omar Khadr, le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a répondu qu'aucune action ne serait prise tant que la justice militaire américaine n'aura pas fini de le juger.

« Je n'ai pas à me prononcer sur son rapatriement [...] Pour l'instant, il est entre les mains des instances judiciaires américaines et il est en procès. Je n'ai pas d'autre commentaire à formuler tant que cette procédure-là n'est pas complétée », s'est contenté de déclarer le ministre Cannon.

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