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International

Caucase russe
Carnage en plein marché public

Mise à jour le jeudi 9 septembre 2010 à 21 h 17

Un attentat-suicide dans un marché public de Vladikavkaz

Photo: AFP/STR

Le marché public de Vladikavkaz où s'est produit un terrible attentat-suicide jeudi matin.

Un terrible attentat-suicide a fait 16 morts et 110 blessés dans un marché public de Vladikavkas, capitale d'Ossétie du Nord, au moment où la foule battait son plein à 11 h 20 (5 h 20 HAE).

Selon les témoins et certains indices, un homme aurait fait exploser sa voiture.

La scène était horrible : des corps déchiquetés, défigurés, des flaques de sang au milieu de restes de tomates et de melons. Chacun en pleurs à la recherche de sa famille, de ses amis.

« Un homme sans tête était assis dans une voiture et je me suis alors dit que c'était probablement des terroristes », est parvenue à articuler entre ses larmes à l'AFP Zhanna Margiyeva, une employée de bureau qui se trouvait au marché pendant son dîner.

C'est l'attentat le plus meurtrier en Russie depuis une explosion dans le métro de Moscou en mars qui a fait 40 morts et plus de 100 blessés. Cet acte de terrorisme avait alors choqué le monde entier, car il avait été perpétré par deux jeunes femmes.

Une technique précise et meurtrière

L'explosion à Vladikavkas a été causée par « un kamikaze qui a pénétré sur le marché central à bord d'une automobile Volga 3102 », a déclaré le président de la République d'Ossétie du Nord, Taïmouraz Mamsourov, cité par l'agence Interfax. L'Ossétie du Nord fait partie du Caucase.

La charge explosive équivalait à 30 ou 40 kg de TNT, ont dit les enquêteurs. La bombe contenait des boulons, des billes et des barres de métal.

Il s'agit d'un acte visant à « semer la haine parmi nos citoyens », a réagi le premier ministre russe, Vladimir Poutine, cité lui aussi par Interfax.

« Nous ferons absolument tout pour capturer ces monstres, ces salauds qui ont commis cet acte de terrorisme, cet acte de terrorisme barbare, contre des civils », a fait savoir le président russe Dimitri Medvedev à l'agence RIA Novosti.

D'après l'AFP, le Caucase russe est déstabilisé à cause d'une rébellion islamiste qui résulte des deux guerres d'indépendance qui ont ravagé la Tchétchénie depuis 1990. L'Associated Press ne parle pas de rébellion islamiste, mais plutôt de pauvreté endémique, de corruption et d'abus de pouvoir des policiers qui ont conduit au terrorisme.

Les régions de Tchétchénie, d'Ossétie du Nord, du Daguestan et d'Ingouchie sont au coeur de ces tensions au Caucase.

Les écoles d'Ossétie du Nord ont été fermées pour l'après-midi.

Vladikavkaz a été le théâtre d'un carnage sans nom en 2004, où un homme avait pris en otage une école entière. Les autorités russes avaient décidé de charger, ce qui avait résulté en plus de 330 morts, dont 186 enfants.

Une attaque déjouée

Cet attentat-suicide survient alors que des employés d'une centrale hydroélectrique au Daguestan ont déjoué mardi soir un attentat en découvrant un engin artisanal censé exploser. L'engin avait été placé sous les installations de l'unité principale de la centrale, rapporte l'agence RIA Novosti. On l'a découvert à la suite d'un début d'incendie.

Des experts du FSB (ancien KGB) ont pu neutraliser l'explosif.

Il semble qu'un employé de la centrale hydroélectrique ait disparu au moment où l'incendie se déclenchait, selon l'agence Interfax.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press, Reuters et Interfax et RIA Novosti

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