Le pasteur Terry Jones devant le Dove World Outreach Center, à Gainesville, en Floride
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PC/AP/John Raoux
Des organisations arabes et le Vatican ont ajouté leur voix, mercredi, au concert de réprobations en réaction au projet d'un pasteur américain de brûler le Coran, samedi prochain, jour du 9e anniversaire des attentats du 11 septembre.
L'intention d'un pasteur américain à la tête d'une église évangéliste de Floride de brûler des exemplaires du Coran pour commémorer les attentats du 11 septembre 2001 suscite l'indignation dans le monde, notamment dans les pays arabes et au Vatican.
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a traité le pasteur Terry Jones de « fanatique », en parlant d'une « approche destructrice » pour les relations entre les États-Unis et le monde musulman.
En Égypte, l'université sunnite Al-Azhar, réputée modérée, a soutenu que ce geste pourrait ternir l'image des États-Unis pour longtemps. L'institution, à la fois centre religieux et université, a même parlé de « terrorisme religieux ».
De leur côté, l'organisation des Frères musulmans, la plus importante force d'opposition islamiste tolérée en Égypte, a qualifié l'intention du pasteur floridien d'« acte barbare qui rappelle l'Inquisition ». L'Iran avait lui-même condamné l'intention.
Au Vatican, le Conseil pontifical a parlé de sa « vive préoccupation » quant à ce « Koran Burning Day », qui avait déjà fait l'objet d'un article dans l'Osservatore Romano, le journal officiel du siège de l'Église catholique. Le Conseil a rappelé que les lieux de culte et les symboles de toutes les religions avaient droit au respect et à la protection. Le Conseil a décrit le projet de Terry Jones comme « un geste de grave offense envers un livre considéré comme sacré par une communauté religieuse ».
Humanitaires et politiques sont inquiets
Des organisations humanitaires, par la voix de l'agence de coordination de l'aide en Afghanistan, l'ACBAR, ont aussi exprimé des craintes quant aux risques pour les travailleurs étrangers et les civils en Afghanistan, si le groupe fondamentaliste chrétien de Floride brûlait le Coran.
La haute représentante de l'Union européenne aux Affaires étrangères, Catherine Ashton, a condamné le projet et a lancé un appel au respect de toutes les croyances religieuses. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, y est allé également de sa condamnation.
Au Danemark, la ministre des Affaires étrangères, Lene Espersen, a condamné vigoureusement mercredi le plan du pasteur Jones. À la suite de la publication de caricatures sur Mahomet dans ce pays en 2005, des musulmans du monde entier avaient protesté. Le drapeau danois avait été piétiné ou brûlé à plusieurs reprises et les produits danois avaient été boycottés.
La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton s'était dite « encouragée » par la condamnation du projet de toute part aux États-Unis, mardi soir, après la réaction officielle de la Maison-Blanche.
Le commandant en chef des forces de l'OTAN en Afghanistan, David Petraeus, s'était déjà inquiété lundi des répercussions possibles du geste sur les troupes américaines. Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a fait écho à ces inquiétudes mardi.
Des responsables religieux américains chrétiens, musulmans et juifs ont dénoncé à leur tour une frénésie antimusulmane, la désinformation et la totale intolérance dans le débat sur le bien-fondé de construire un centre communautaire musulman, comprenant une mosquée, à deux pâtés de maisons de Ground Zero.
Le pasteur qui organise la manifestation, Terry Jones, a déclaré prendre les propos du général Petraeus très au sérieux. Il a reconnu que le fait de brûler le Coran serait un geste grave, mais il s'est dit tout de même fermement résolu à aller jusqu'au bout.
L'église évangéliste Dove World Outreach Center a invité à brûler des exemplaires du Coran devant ses portes à Gainesville, en Floride, à la date anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center, à New York. Elle a aussi invité d'autres centres religieux à en faire autant en mémoire des victimes des attentats et pour combattre « le démon de l'islam ».
L'an dernier, cette même église avait fait parler d'elle en distribuant des chandails sur lesquels était inscrit : « L'islam vient du diable ».