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Réforme des retraites
Nicolas Sarkozy maintient le cap

Mise à jour le mercredi 8 septembre 2010 à 7 h 44

Des opposants à la réforme des retraites rassemblés dans la ville de Lille, mardi.

Photo: Philippe Huguen

Des opposants à la réforme des retraites rassemblés dans la ville de Lille, mardi.

En dépit des manifestations de masse et des débrayages qui ont perturbé les services publics mardi dans tout le pays, le gouvernement français poursuit son projet de réforme des retraites.

Mercredi, le président Nicolas Sarkozy s'est dit « attentif » aux préoccupations exprimées par la population. Il a cependant ajouté qu'il n'avait pas l'intention de modifier le point principal de sa réforme, qui porte de 60 à 62 ans l'âge légal de la retraite en France d'ici 2018.

La veille, d'importantes manifestations ont mobilisé plus d'un million de personnes dans le pays, selon la police. Les centrales syndicales, à l'origine du mouvement, affirment pour leur part que plus de 2,7 millions de personnes ont pris part à cette journée de protestation contre la réforme des retraites.

Toute la journée, mardi, les services de transport publics, les aéroports, les écoles et plusieurs grandes usines du secteur privé ont été perturbés par des débrayages et des manifestations.

Des assouplissements consentis

Les opposants à cette réforme n'ont cependant pas tout perdu. Bien qu'il refuse toute concession sur l'augmentation de l'âge de la retraite, le président Sarkozy a cependant consenti quelques aménagements à son projet de loi.

Nicolas Sarkozy affirme avoir demandé au gouvernement de modifier la clause « carrière longue » de son projet de loi. Cet aménagement permettrait aux salariés qui ont commencé à travailler avant 18 ans de prendre leur retraite à 60 ans ou avant, s'ils ont suffisamment cotisé à leur régime de retraite.

Le président français prévoit aussi des assouplissements pour les travailleurs qui occupent des emplois dits « pénibles ». Ces amendements doivent être apportés rapidement au projet de loi qui est l'objet de débat à l'Assemblée nationale française depuis mardi.

Mais sur le fonds, le président français demeure inflexible. Les Français devront travailler plus longtemps avant de prendre leur retraite. « Il n'est pas question de laisser quiconque dénaturer la réforme, car ce serait mettre en péril le retour à l'équilibre de nos retraites », a plaidé le chef de l'État qui fait de cette réforme sa « priorité absolue ».

Une réforme nécessaire, selon la Cour des comptes

Des manifestants se rassemblent à Toulouse.

Photo: AFP/Rémy Gabalda

Des manifestants se rassemblent dans la ville française de Toulouse.

Confronté à un nombre sans cesse croissant de retraités, le gouvernement français estime qu'il faudra verser plus de 30 milliards d'euros dans les fonds de retraite du pays d'ici 2030 pour en assurer la viabilité.

Selon le gouvernement Sarkozy, c'est pour amortir le financement de cette importante somme et harmoniser le régime français avec celui de ses voisins européens qu'il faut dès maintenant reporter l'âge de la retraite à 62 ans.

Un point de vue partagé par le président de la Cour des comptes, Didier Migaud, qui a affirmé mercredi que l'État français devait prendre « des mesures immédiates » pour redresser l'équilibre financier dans les fonds de retraite, et cela, sans attendre 2018.

« Le déficit de nos régimes de retraite n'est pas seulement à hauteur des années 2018-2020, il est posé dès aujourd'hui. Ça nécessite des mesures fortes », a expliqué le président de la Cour des comptes.

Les partis politiques de gauche et les mouvements syndicaux considèrent pour leur part cette réforme injuste et inefficace. Ils réclament par conséquent l'arrêt des débats à l'Assemblée nationale sur ce projet de loi. Ce que n'entend pas leur accorder le gouvernement.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Reuters

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