Un pasteur américain met le feu aux poudres

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Robert Gibbs, porte-parole de la Maison-Blanche Robert Gibbs, porte-parole de la Maison-Blanche   © PC/AP/J. Scott Applewhite

Après les commandants américains en Afghanistan, la Maison-Blanche et l'Iran réagissent à l'intention d'une église américaine de brûler des exemplaires du Coran pour commémorer les attentats du 11 septembre 2001.

D'autres réactions se sont fait entendre, mardi, après celle du chef de l'OTAN en Afghanistan, David Petraeus, qui a dénoncé, lundi, l'initiative d'un pasteur américain de brûler en public des exemplaires du Coran le 11 septembre prochain. La grogne commence à monter dans le monde musulman, et les craintes autour des conséquences éventuelles du projet se multiplient.

La Maison-Blanche s'est dite « préoccupée », partageant les inquiétudes du général Petraeus à propos des répercussions que pourrait avoir le geste explosif sur les troupes américaines. Selon lui, un tel acte servirait à alimenter la propagande des talibans et à nourrir le sentiment anti-américain dans le monde musulman.

« Tout type d'activité comme celle-ci qui met nos troupes en danger est source d'inquiétude pour cette administration », a indiqué le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs.

Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a, lui aussi, condamné le projet, estimant que l'action envisagée contredit les valeurs défendues par l'OTAN et serait susceptible de poser des risques aux militaires en poste en Afghanistan.

Des responsables religieux américains chrétiens, musulmans et juifs ont dénoncé à leur tour une frénésie antimusulmane, la désinformation et la totale intolérance dans le débat sur le bien-fondé de construire une mosquée à deux pâtés de maisons de Ground Zero.

La chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, s'est dite mardi soir encouragée par la condamnation claire et sans équivoque de ce geste irrespectueux, qui est venu des chefs américains de toutes les religions.

L'avertissement iranien

L'Iran a mis en garde, mardi, contre la mise à exécution du projet par l'église, qui, selon elle, est susceptible de déclencher de fortes réactions dans les nations musulmanes.

« Nous conseillons aux pays occidentaux d'empêcher l'exploitation de la liberté d'expression pour insulter les livres saints. Sinon, les sentiments que cela provoquerait dans les nations musulmanes ne pourraient être contrôlés », a dit le porte-parole des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, lors d'un point de presse à Téhéran.

Une église acerbe

Terry Jones devant le Dove World Outreach Center, à Gainesville, en Floride Terry Jones devant le Dove World Outreach Center, à Gainesville, en Floride   © PC/AP/John Raoux

Le pasteur qui organise la manifestation, Terry Jones, affirme prendre les propos du général Petraeus très au sérieux. Il a reconnu que le fait de brûler le Coran serait un geste grave, mais il se dit tout de même fermement résolu à aller jusqu'au bout.

« Nous réalisons que cet acte pourrait en effet offenser certaines personnes, offenser les musulmans. Je suis offensé quand ils brûlent le drapeau américain. Je suis offensé quand ils brûlent la Bible », a indiqué M. Jones.

« Mais nous pensons que le message que nous essayons de faire passer est bien plus important que le fait que des gens soient offensés. Nous croyons qu'on ne peut pas reculer devant les dangers de l'islam », a-t-il ajouté.

L'église évangéliste Dove World Outreach Center a invité à brûler des exemplaires du Coran devant ses portes à Gainesville, en Floride, à la date anniversaire des attentats du 11 septembre contre le World Trade Center, à New York. Elle a aussi invité d'autres centres religieux à en faire autant en mémoire des victimes des attentats et pour combattre « le démon de l'islam ».

L'an dernier, cette même église avait fait parler d'elle en distribuant des chandails sur lesquels était inscrit : « L'islam vient du diable ».

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