Accusations de complot terroriste

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Al Jazira
Les photos de sept des hommes accusés par les autorités du Bahreïn Les photos de sept hommes accusés par les autorités du Barheïn   © AFP/AFP

Au petit royaume du golfe Persique, 23 militants chiites sont accusés d'avoir comploté en vue de renverser la monarchie sunnite à l'approche des élections générales, prévues fin octobre.

Les autorités du Bahreïn accusent 23 militants chiites d'avoir formé « un réseau terroriste » dans le but de renverser le régime dominé par les sunnites.

La télévision d'État, citant samedi l'acte d'accusation, a déclaré que les suspects auraient tenu des réunions secrètes au pays et à l'étranger afin de « changer le régime politique par des moyens illégaux ».

Parmi les inculpés figurent Abdeljalil al-Singace, un leader du HAQ, Mohammed Saïd, un dirigeant du Centre pour les droits de l'homme du Bahreïn, et deux religieux chiites, cheikh Mohammed al-Moqdad et cheikh Saïd al-Nouri.

Deux des suspects, Hussein Machaimaa, le secrétaire général du HAQ, et Saïd al-Chihabi, secrétaire général du Mouvement de liberté islamique, n'ont pu être arrêtés, parce qu'ils étaient « hors du pays ».

Résurgence des tensions

La plupart des accusés font partie des 250 chiites arrêtés au cours du dernier mois pour avoir perturbé la sécurité publique, selon les autorités.

Cette répression aurait été engendrée par une série de protestations violentes menées par des chiites, qui accusent le pouvoir de discrimination. Les chiites sont majoritaires dans l'État du Bahreïn, dirigé par une monarchie sunnite.

La majorité des inculpés sont aussi des membres du HAQ, le Mouvement des libertés et la démocratie. Ce groupe de l'opposition chiite qualifie d'insuffisantes les réformes visant à mettre un terme des années d'agitation chiite qui a secoué l'archipel dans les années 1990, faisant au moins 38 morts.

Ces réformes ont converti en 2002 le royaume du golfe Persique en une monarchie constitutionnelle. Le pays avait tenu cette même année ses premières élections en près de 30 ans.

Les dernières élections municipales et législatives au Bahreïn ont eu lieu en 2006, mais avaient été boycottées par le HAQ.

Elles avaient été gagnées par les islamistes, sunnites et chiites, mais avaient permis à l'opposition chiite de consolider sa position en chambre en faisant élire 17 députés sur 40.

Le roi Hamad bin Isa al-Khalifa a annoncé la tenue d'élections générales le 23 octobre prochain.