Pedro Namora, ancien élève et victime de mauvais traitements à Casa Pia, s'adresse aux journalistes devant le tribunal de Lisbonne.
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AFP/Francisco Leong
Au terme d'un procès de six ans, un tribunal portugais a reconnu coupables, vendredi, six hommes et une femme d'agressions sexuelles, dans les années 90, contre des enfants accueillis par la Casa Pia, une des plus respectables résidences pour orphelins et jeunes délinquants de Lisbonne.
Les sept accusés dans le pire scandale de pédophilie de l'histoire du Portugal ont été reconnus coupables après un procès qui a duré six ans. Les victimes étaient hébergées dans une résidence pour jeunes en difficulté.
Les accusés « sont tous concernés par des faits considérés comme prouvés », a déclaré le procureur en chef Miguel Matias.
Dans leur exposition des actes qui ont été commis par les accusés, les juges du tribunal de première instance ont décrit dans le détail des dizaines de situations d'agressions sexuelles et de proxénétisme commis sur des mineurs de la maison d'aide aux enfants en difficulté.
Les peines devraient être connues un peu plus tard. Le procureur a demandé la prison ferme pendant plus de cinq ans pour les sept accusés.
Plus de 800 témoins et experts ont été entendus, dont les 32 victimes, dans un procès-fleuve qui a profondément choqué le pays.
La façade de la Casa Pia, à Lisbonne, au Portugal
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PC/AP/Francisco Seco
Rappel des événements
Le scandale de la Casa Pia a éclaté fin 2002, lorsqu'un jeune pensionnaire a raconté à une journaliste avoir été violé par un employé. Des dizaines de victimes se sont alors mises à parler d'un réseau pédophile, actif depuis au moins 30 ans. Ils ont dénoncé plusieurs personnalités médiatiques et politiques, dont certaines ont été blanchies depuis.
Le réseau était mené par l'ancien chauffeur et jardinier de la Casa Pia, Carlos Silvino, qui est accusé de 600 crimes d'agressions sexuelles et d'incitations à la prostitution. À ce jour, il est le seul à avoir plaidé coupable, expliquant son comportement en disant qu'il avait lui-même été violé lorsqu'il était pensionnaire de l'institution.
Parmi les six autres pédophiles figurent entre autres un ancien animateur vedette de la télévision portugaise et un ancien ambassadeur qui n'ont jamais cessé de clamer leur innocence et promettent de continuer de le faire, en dépit de la décision des juges.
Avec un reportage d'Anyck Béraud