Poignée de main entre Mahmoud Abbas et Benyamin Nétayahou
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AP/Charles Dharapak
Les leaders israélien et palestinien se rencontrent sans assistant ni interprète au premier jour des pourparlers de paix directs. Benyamin Nétanyahou et Mahmoud Abbas conviennent de reprendre les négociations les 14 et 15 septembre.
Le président palestinien Mahmoud Abbas et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou sont parvenus à s'entendre sur un engagement lors d'un tête-à-tête à Washington, jeudi.
Cette première journée de la reprise des pourparlers de paix a permis aux dirigeants de planifier une rencontre au Proche-Orient, les 14 et 15 septembre prochains. Ils se réuniront ensuite toutes les deux semaines dans l'année à venir, a annoncé l'émissaire de paix américain pour le Proche-Orient, George Mitchell.
Selon M. Mitchell, ces négociations de paix directes reflètent « la bonne foi et le sérieux » des objectifs poursuivis par les deux dirigeants.
Les États-Unis réitèrent leur soutien
À l'ouverture de ce premier dialogue israélo-palestinien direct en 20 mois, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a remercié MM. Abbas et Nétanyahou pour « leur courage et leur engagement ».
La chef de la diplomatie américaine a assuré que l'administration Obama était déterminée à trouver un accord d'ici un an. Mme Clinton a affirmé que les États-Unis seront un partenaire de premier plan durant les négociations de paix, mais qu'ils n'imposeront pas de solution au conflit israélo-palestinien.
Le premier ministre israélien a quant à lui encouragé le président de l'Autorité palestinienne, qu'il a appelé « partenaire pour la paix », à reconnaître Israël comme l'État-nation du peuple juif. Selon lui, la paix ne sera possible que si des concessions difficiles sont faites des deux côtés.
De son côté, Mahmoud Abbas a exhorté Israël à mettre fin aux colonies juives en Palestine et à lever le blocus de la bande de Gaza.
Les négociations se font en présence du président de l'Égypte, Hosni Moubarak, et du roi de Jordanie, Abdallah II.
Par ailleurs, le Hamas a menacé jeudi, par voie de communiqué, de poursuivre ses opérations anti-israéliennes en Cisjordanie, malgré la vague d'arrestations de ses sympathisants dans ce territoire menée par les forces de l'Autorité palestinienne en coopération avec Israël.
« Le véritable représentant du peuple palestinien, ce sont les forces de la résistance », a lancé le responsable du Hamas, opposé aux négociations de paix engagées jeudi à Washington.
Mercredi, le président américain Barack Obama a appelé les deux parties à « saisir » l'occasion qui leur est donnée de faire la paix. « Ce moment risque de ne pas se représenter de sitôt », a-t-il soutenu.
De nombreux obstacles malgré un vent d'optimisme
Il n'en reste pas moins qu'un climat de scepticisme entoure la rencontre. Avant même que ne débutent les négociations, qui ont été suspendues en 2008, dans la foulée de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, un profond fossé sépare les positions israéliennes et palestiniennes.
Pour parvenir à une entente, les parties devront trouver une solution à d'épineux problèmes comme la question des réfugiés et le statut de Jérusalem. La partie orientale de la ville a été annexée par Israël, qui la considère comme étant sa capitale indivisible.
La question de l'arrêt de la colonisation israélienne en Cisjordanie demeure également un obstacle de taille. Le moratoire de dix mois décrété par le premier ministre Nétanyahou sur le développement des colonies expirera le 26 septembre prochain. Ces derniers jours, il a répété à plusieurs reprises qu'il n'avait pas l'intention de le prolonger.
Les représentants de l'Autorité palestinienne ont pour leur part averti qu'ils n'hésiteront pas à quitter Washington si Israël autorise de nouveau l'implantation de colonies en Cisjordanie.
Les Américains demeurent positifs et disent voir dans cette rencontre une réelle chance de relancer le processus de paix. « Après 20 mois sans dialogue, après 62 ans de conflit et plusieurs échecs retentissants, l'Amérique croit aujourd'hui à une conjoncture favorable pour une solution à deux États dans le délai imparti d'un an », a déclaré mardi l'émissaire américain pour le Proche-Orient, George Mitchell.
La reprise des pourparlers directs avait été annoncée en août dernier.