Les rues de Maputo s'embrasent

  |  Radio-Canada avec Associated Press, Agence France-Presse et Reuters
Une barricade de pneus enflammés dans les rues de Maputo. Les manifestants en colère ont enflammé des pneus et saccagé des commerces dans les rues de la capitale.   © AFP/Nastasya Tay

Les violentes manifestations contre la flambée des prix des céréales, de l'eau et des carburants dans les quartiers défavorisés de la capitale du pays font au moins 7 morts et près de 300 blessés.

Au Mozambique, les violentes manifestations se poursuivent pour une seconde journée dans les bidonvilles de la capitale, Maputo.

Au moins 7 personnes, soit 4 mercredi et 3 jeudi, ont été tuées au cours des affrontements, qui se sont poursuivis toute la nuit dans les faubourgs de la ville.

Plusieurs des victimes, dont des enfants, ont été tuées par balle tandis qu'une autre a péri noyée, a déclaré jeudi un porte-parole de la Croix-Rouge locale à l'AFP.

Le dernier bilan gouvernemental relayé par l'AFP parlait en outre de 288 blessés. L'hôpital central de Maputo a indiqué que plusieurs blessés avaient été atteints par des projectiles d'armes à feu. De nombreux témoins rapportent que la police aurait ouvert le feu à balles réelles dans la foule pour disperser les émeutiers, ce que nient les autorités du pays.

La police a par ailleurs rapporté à l'Associated Press qu'au moins deux agents avaient été violemment battus par les émeutiers.

Les affrontements ont éclaté mercredi lorsque des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour protester contre la flambée des prix du pain, du pétrole, de l'eau potable et de l'électricité.

Les manifestants en colère ont brûlé des pneus dans les rues et saccagé des commerces. Les policiers et soldats dépêchés sur les lieux pour rétablir l'ordre ont été accueillis par une pluie de projectiles.

Un vendeur de rue a déclaré à l'Agence France-Presse que les manifestations pourraient durer encore trois jours.

Des manifestants entourent le corps d'un enfant tué au cours des affrontements. Des manifestants entourent le corps d'un enfant tué au cours des affrontements.   © PC/Nastasya Tay

Le président du pays, Armando Guebuza, a assuré la population que son gouvernement tenterait d'agir pour faire baisser le prix des denrées et de l'énergie, mais a prévenu que ce ne serait pas facile.

À l'issue d'une réunion extraordinaire du conseil des ministres, jeudi, un porte-parole du gouvernement a toutefois été moins ambivalent. « Les hausses de prix sont irréversibles », a affirmé Alberto Nkutumula.

M. Guebuza a affirmé qu'il comprenait la colère du peuple mais qu'il était « triste que les gens utilisent leur droit de manifester de façon pacifique pour protester violemment. » Il a rappelé que le gouvernement était conscient de la pauvreté de la population et que le combat contre la pauvreté faisait partie de son plan quinquennal.

Le Mozambique ne produit que 30 % du blé dont il a besoin et doit importer le reste sur les marchés internationaux. Le prix du pain a augmenté de 25 % dans le pays au cours de la dernière année.

Ces événements sont les plus violents depuis deux ans et demi. En février 2008, les autorités avaient brutalement réprimé une manifestation de chauffeurs de taxi contre le prix élevé du diesel. Six personnes étaient mortes et une centaine d'autres avaient été blessées. Le peuple en colère était par la suite descendu dans la rue pour dénoncer la cherté de la vie, forçant le gouvernement de Guebuza à baisser notamment le prix du diesel.

Plus de 70 % de la population du Mozambique vit sous le seuil de la pauvreté. Cette république, une colonie portugaise jusqu'à son indépendance, en 1975, compte plus de 21 millions d'habitants.

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