Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, le 14 août 2010 à Stockholm.
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AFP/Bertil Ericson
Près de deux semaines après l'annulation d'un mandat d'arrêt contre Julian Assange, une procureure suédoise rouvre le dossier d'agression sexuelle à l'endroit du fondateur de WikiLeaks.
Une procureure suédoise rouvre le dossier d'allégations de viol visant le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange.
Dans un communiqué adressé aux médias, la directrice des poursuites de la ville de Göteborg avance « qu'il y a des raisons de croire qu'un crime a été commis ». « D'après les informations obtenues à ce jour, je qualifierais ce crime de viol », a ajouté Marianne Ny.
« Nous ne disposons pas d'assez d'éléments pour le moment. Nous devons mener d'autres enquêtes avant d'aboutir à une décision sans appel », a indiqué la procureure.
Cette réouverture de dossier survient 10 jours après qu'une autre procureure eut rejeté les soupçons de viol et d'attentat à la pudeur contre Julian Assange.
Preuves manquantes
Julian Assange et son avocat ont rencontré la police lundi matin pendant près d'une heure. Me Leif Wilbersky a affirmé que « tout s'était bien déroulé ». Il s'attendait même à ce que les autorités abandonnent leurs procédures.
Aujourd'hui, Me Wilbersky est étonné. « Toute cette histoire est vraiment bizarre, a-t-il raconté à The Local. Mon client a fait face à différents procureurs et à différentes accusations qui ne reposent pas sur grand-chose. »
Le début d'une saga
Tout a commencé le 20 août, lorsque deux femmes âgées de 25 à 35 ans se sont adressées à la police pour rapporter leur agression, mais sans porter plainte. Les autorités jugeaient les faits allégués assez importants pour en référer d'elles-mêmes à la justice.
Un mandat d'arrêt contre Julian Assange avait été lancé à la demande de la procureure Marie Häljebo Kjellstrand.
Moins de 24 heures plus tard, la procureure générale Eva Finne annulait le mandat, indiquant qu'il manquait des preuves. Julian Assange avait nié toutes les allégations d'agression et comptait collaborer avec la police.
Une des supposées victimes se serait retrouvée avec Julian Assange dans un appartement du quartier Södermalm, à Stockholm. Elle a raconté avoir été victime d'agression. L'autre femme affirmait avoir été violée dans une autre ville dans la même soirée, à Enköping.
Elles ont depuis trouvé un avocat pour les représenter. Me Claes Borgström a annoncé mercredi que Julian Assange devrait être soupçonné de viol dans le cas des deux femmes.
Permis de résidence
Le journal The Local indiquait mardi que Julian Assange avait demandé un permis de travail et de résidence pour la Suède peu avant la tombée des premières accusations, à la mi-août. « Il a rempli une demande pour travailler et vivre en Suède et nous avons reçu sa demande le 18 août », a confirmé à l'Agence France Presse Haakan Gestrin, porte-parole de la Commission d'immigration.
WikiLeaks a provoqué une vive controverse il y a quelques semaines, quand il a publié des documents militaires classés secrets liés aux guerres d'Irak et d'Afghanistan.
Le Pentagone et des associations humanitaires ont accusé le site de nuire à la sécurité des Irakiens et des Afghans qui aident la coalition internationale.
WikiLeaks avait annoncé la sortie de nouveaux documents secrets en septembre.