Obama tourne la page sur l'Irak

Barack Obama Barack Obama   © PC/Barack Obama

Le président américain déclare la mission en Irak officiellement terminée. Après sept ans de combats, les 50 000 soldats américains qui demeureront sur place se consacreront à aider et à former l'armée irakienne.

Barack Obama a déclaré la mission américaine en Irak officiellement terminée.

Dans son allocution depuis la Maison-Blanche, le président a confirmé mardi soir qu'à partir de mercredi, les 50 000 soldats américains qui restent en Irak ne participeront plus à des opérations de combat. Leur mission se limitera essentiellement à aider et à former l'armée irakienne, avant leur retrait définitif, fin 2011.

« Nous avons assumé nos responsabilités. C'est l'heure de tourner la page. » — Barack Obama

Dans son discours, le président Obama a salué la mémoire des soldats morts au combat et le sacrifice consenti par leurs familles.

Le président a insisté sur le fait que les États-Unis devaient à présent s'investir sur le « front intérieur » et « reconstruire la nation, ici à la maison », une allusion à la situation économique précaire du pays.

Barack Obama a dit avoir confiance en les forces de sécurité irakiennes. La violence ne s'estompera pas avec le retrait américain, convient-il, mais il croit « qu'éventuellement, les insurgés seront défaits ».

« Nous ne pouvons pas faire pour eux [ les Irakiens ] ce qu'ils doivent faire eux-mêmes. » — Barack Obama

Le président a par ailleurs soutenu que l'Afghanistan, où les troupes américaines sont engagées par dizaines de milliers, devra aussi se diriger éventuellement vers la même transition que celle qui a cours en Irak. « Cette transition doit avoir lieu », a-t-il insisté.

Au cours de son allocution, Barack Obama a fait allusion à son entretien, plus tôt dans la journée, avec son prédécesseur George W. Bush, qui avait donné l'ordre aux forces américaines d'envahir l'Irak en 2003. Il n'a toutefois pas révélé la teneur de leur échange.

Barack Obama avait promis de mettre fin à la guerre en Irak tout au long de la course à l'investiture qui l'opposait à Hillary Clinton, puis lors de sa campagne électorale face à John McCain en 2008.

2003-2010 : Le bilan

L'invasion de l'Irak, en mars 2003 devait débarrasser le monde de Saddam Hussein et de ses armes de destructions massives, promettait le George W. Bush. La chute du régime irakien a bien eu lieu et Saddam Hussein a été capturé puis exécuté, mais les armes de destructions massives, elles, se sont avérées inexistantes.

En 7 ans et demi, 1 million de soldats américains ont été déployés en Irak. 4400 d'entre eux ont été tués, 32 000 autres ont été blessés, et plus de 106 000 civils irakiens sont morts.

Le coût total de la guerre pour les Américains reste difficile à évaluer. Au début du conflit, le secrétaire à la Défense de l'époque, Donald Rumsfeld, avait estimé que les opérations coûteraient aux contribuables américains 50 milliards de dollars.

Mais le prix Nobel d'Économie Joseph Stiglitz a estimé plus tard que le coût réel de la guerre était plus proche de 3000 milliards de dollars en tenant compte de l'ensemble de l'économie, de la prise en charge des morts et des blessés, jusqu'à la hausse du prix du pétrole. Les estimations actuelles oscillent entre ces deux montants.

Il s'agit d'une des guerres les plus longues de l'histoire américaine.

« Pour les Américains, il y a une leçon. Je ne sais pas s'ils l'ont appris, mais c'est l'humilité du pouvoir américain. » — Marina Ottaway, analyste au Carnegie Endowment For International Peace

Le moment de vérité pour l'Irak

Une fillette blessée à Kerbala Une fillette blessée à Kerbala   © AFP/Mohammed Sawaf

Plus tôt dans la journée de mardi, le premier ministre irakien Nouri Al-Maliki a déclaré dans un discours télévisé que le retrait de l'armée américaine représentait pour l'Irak « une étape essentielle dans la restauration d'une souveraineté complète ». M. Al-Maliki a précisé que les relations entre les États-Unis et l'Irak allaient à partir de ce jour « entrer dans une nouvelle phase ».

Le vice-président américain Joe Biden, présent en Irak mardi pour marquer la fin des opérations de combats, a rencontré le premier ministre et d'autres hauts responsables irakiens, pour tenter de les encourager à former un gouvernement.

Les responsables politiques irakiens ne sont toujours pas parvenus à former un gouvernement, près de six mois après les élections législatives du 7 mars.

Alors que certains Irakiens craignent que le retrait des forces américaines ne survienne trop tôt, M. Al-Malaki a affirmé que les forces irakiennes étaient elles-mêmes « capables et qualifiées » pour assurer la sécurité sur le territoire.

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