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Kouchner choqué, mais solidaire

Mise à jour le lundi 30 août 2010 à 18 h 53

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner

Photo: AFP/Lionel Bonaventure

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, s'est dit lundi choqué par certains aspects du virage sécuritaire du gouvernement concernant des Français d'origine étrangère, tout en répétant qu'il n'y avait pas, selon lui, de stigmatisation.

Le président français Nicolas Sarkozy devrait décider dans les prochains jours des modalités de déchéance de la nationalité française, une mesure très controversée qui s'appliquerait aux polygames et à certains criminels d'origine étrangère.

J'espère que cela sera réservé [...] pour des occasions absolument exceptionnelles. Je l'espère, je l'espère, je l'espère.

— Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner sur les ondes de la télévision France 5

Ces propositions découlent de la politique sécuritaire renforcée, définie fin juillet par le président Sarkozy. M. Sarkozy avait annoncé des mesures ciblant les immigrés et les Roms, après le meurtre d'un membre de cette communauté par un gendarme et les émeutes que l'événement avait déclenchées.

Le président avait notamment estimé que « la nationalité doit pouvoir être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un fonctionnaire de police, d'un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l'autorité publique ».

Interrogé sur la distinction faite par le président à propos des Français « d'origine étrangère », M. Kouchner a exprimé un certain malaise.

« Ce n'est pas la meilleure phrase que j'ai trouvée dans son discours. Pour le reste, il n'a stigmatisé personne et d'ailleurs c'est assez vague. Oui, je le reconnais cela m'a choqué », a-t-il répondu.

Lundi matin, sur les ondes d'une station de radio, M. Kouchner avait déjà confié son malaise sur les expulsions de Roms menées cet été, particulièrement la manière dont l'affaire a été gérée par les autorités.

Affirmant avoir songé à la démission, M. Kouchner a néanmoins affirmé qu'il soutenait à 100 % la politique du gouvernement français.

Le cas des Roms

Par ailleurs, le gouvernement français a annoncé lundi avoir démantelé 128 campements de Roms et expulsé 977 personnes depuis le 28 juillet. Certains ont bénéficié d'une aide au retour de 300 euros (400 $) par adulte.

Alors que le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a défendu des mesures « légitimes et nécessaires », son collègue à l'Immigration, Éric Besson, a par ailleurs promis de nouvelles mesures durcissant le droit au séjour des Roms.

Le ministre roumain des Affaires étrangères, Teodor Baconschi, a estimé lundi que les rapatriements de Roms depuis la France avec une somme d'argent ne sont pas une solution, et a appelé au dialogue bilatéral et européen pour l'intégration de cette minorité.

Le gouvernement français a été vivement mis en cause par la société civile, les partisans de la gauche et les Églises pour sa politique de démantèlement des campements de Roms illégaux et les expulsions de centaines d'entre eux en situation irrégulière vers la Roumanie.

La France a également été critiquée par l'ONU. La Commission européenne a quant à elle exprimé son inquiétude relativement à cette décision.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Associated Press

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