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Photo: La Presse Canadienne /Jonathan Hayward La baie de Baffin, dans l'océan Arctique. Au loin, un bateau de la garde côtière canadienne. |
Un groupe d'experts indépendants recommande à l'ONU de réformer son organisme d'évaluation des changements climatiques afin de préserver sa crédibilité.
Composé de 15 académies des sciences de différents pays, le Conseil interacadémique (IAC) a mené une enquête auprès du Groupe intergouvernemental d'experts de l'ONU sur l'évolution du climat (GIEC) à la suite d'erreurs qui se sont glissées dans son rapport publié en 2007.
Les erreurs commises par le GIEC, dont les rapports servent de base aux négociations internationales sur le changement climatique, ont entamé la crédibilité de l'organisme récipiendaire du prix Nobel de la paix et amené de l'eau au moulin au camp des sceptiques quant au réchauffement du climat.
- Le rapport du GIEC stipulait que les glaciers de l'Himalaya « pourraient disparaître d'ici 2035, voire avant ». L'organisme avait dû reconnaître que cette échéance n'était fondée sur aucune recherche valide.
- Il a affirmé également que 55 % des Pays-Bas se trouvaient sous le niveau de la mer, au lieu de 26 %.
L'IAC critique surtout la méthodologie du GIEC, qu'elle juge déficiente, et propose plusieurs recommandations pour la modifier.
On peut lire le rapport complet (en anglais) de l'IAC en ligne.
Les enquêteurs soulignent que « la méthode utilisée par le GIEC pour produire ses évaluations périodiques a été dans l'ensemble couronnée de succès. Mais, le président de l'IAC, Harold Shapiro, estime que « les erreurs faites (par le GIEC) ont entamé la crédibilité du processus ».
La confiance est une chose qui doit être gagnée chaque année.
— Harold Shapiro
Sans remettre en cause les évaluations sur le changement climatique du GIEC, l'IAC estime que l'organisme « doit réformer fondamentalement sa structure de direction et renforcer ses méthodes de travail pour faire face à des évaluations climatiques de plus en plus complexes. »
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Photo: La Presse Canadienne /Jonathan Hayward Une mère ours polaire et ses petits, près de la baie d'Hudson, dans le nord du Manitoba. |
L'IAC estime que deux mandats de six ans constitue une période trop longue pour le patron du GIEC tout comme pour les présidents des trois groupes de travail (Preuves scientifiques du réchauffement, Impacts du réchauffement et Atténuation de l'impact du réchauffement).
Des mandats de direction plus courts permettraient de profiter d'une plus grande variété de regards et de développer une approche nouvelle à chaque publication de rapports.
Quant au comité exécutif proposé par l'IAC, il serait constitué d'un maximum de 12 membres pour assurer une plus grande souplesse à l'organisme. Il pourrait agir au nom du GIEC sans attendre les grandes réunions plénières.
Incluant des membres sans lien avec les sciences du climat et le GIEC, ce comité améliorerait également la crédibilité et l'indépendance de l'organisme.
L'IAC, qui a critiqué la lenteur du GIEC à réagir lors de la dernière polémique, recommande la mise en place d'une réelle stratégie de communication. « Les personnes avec qui nous avons parlé sont généralement d'accord pour dire que la réponse publique du GIEC à ses erreurs a été trop lente et inadéquate », a relevé Harold Shapiro, notant que « le GIEC l'avait aussi reconnu ».
L'actuel président, Rajendra Pachauri, dirige le GIEC depuis 2002. Il a été reconduit dans ses fonctions en septembre 2008 pour un mandat de 6 ans qui devrait le mener à 2014.
M. Pachauri a toutefois annoncé qu'il remettait son sort entre les mains des États membres du GIEC. Ces derniers devront décider de son avenir à la tête du groupe.
Créé il y a 20 ans, le GIEC produit un rapport tous les 6 ou 7 ans. Le prochain est attendu pour 2014.
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