Les rebelles hutus demandent une enquête

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Des femmes manifestent contre les violences au Kivu, (archives) Des femmes manifestent contre les violences au Kivu. (archives)   © PC/Jerome Delay

Dans un communiqué rendu public jeudi, les rebelles hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) démentent leur implication dans les récents viols collectifs en République démocratique du Congo.

Les rebelles hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda démentent leur implication dans les cas récents de viols collectifs commis dans l'est de la République démocratique du Congo, et réclament même une enquête.

Les FDLR « ne sont en rien impliquées dans ces actes odieux et s'insurgent contre des accusations dénuées de tout fondement lancées contre elles par le secrétaire général de l'ONU [Ban Ki-moon] », écrit Callixte Mbarushimana, un haut responsable du mouvement rebelle.

La rébellion demande à l'ONU de « mettre en place sans délai une commission d'enquête internationale indépendante chargée de faire toute la lumière sur tous ces actes criminels ».

Elle se dit prête à « collaborer » avec cette commission et « disposée » à rencontrer le numéro deux du département de maintien de la paix de l'ONU, Atul Khare, qui doit se rendre en RDC.

Viols collectifs

Du 30 juillet au 3 août, la localité de Luvungi, dans le Nord-Kivu, a été occupée à la fois par les miliciens Maï-Maï et les rebelles hutus rwandais. Durant cette période, au moins 154 civils ont été violés ou ont subi des attentats à la pudeur, selon ce qu'a révélé l'ONU.

Selon une ONG, de nombreuses femmes ont été victimes de viols collectifs de la part de groupes de deux à six hommes en armes.

Les miliciens Maï-MaïMaï-Maï provient du mot Maï ou Maji, « eau » dans les langues bantoues de la région. L'appellation des miliciens fait référence à la révolte Maji Maji intervenue en 1905-1907 au Tanganyika, un lac qui traverse la République démocratique du Congo, la Zambie, le Burundi et la Tanzanie.

Les Maï-Maï se sont constitués pour résister essentiellement à l'invasion des forces armées du Rwanda et des groupes rebelles congolais proches du Rwanda. Certains de ces groupes se sont constitués en vue de commettre également des actes de brigandage.

Ils sont parmi les groupes les plus puissants et les plus incontrôlables du pays.

Martin Nesirky, porte-parole des Nations unies, a indiqué que la mission de l'ONU au Congo (MONUSCO) n'avait entendu parler de viols à Luvungi que le 12 août. Les casques bleus disposent d'une petite base à une trentaine de kilomètres du lieu des viols.

« Ce terrible événement confirme les conclusions globales tirées de mon récent voyage [en République démocratique du Congo] sur la nature généralisée et systématique des viols et autres atteintes aux droits de la personne humaine. » — Margot Wallström, représentante spéciale de l'ONU pour la lutte contre les violences sexuelles dans les conflits

La Monusco, avec près de 20 000 soldats, est la mission de maintien de la paix de l'ONU la plus importante de la planète.

Ban Ki-moon « scandalisé »

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, « scandalisé » par ces événements a décidé d'envoyer un de ses collaborateurs pour examiner la situation.

« Il [Ban Ki-moon] réitère son appel à tous les groupes armés en RDC à déposer les armes et à rejoindre le processus de paix. Il appelle les autorités de RDC à enquêter sur cet incident et à traduire en justice les auteurs de ces crimes, ainsi qu'à redoubler d'efforts pour mettre fin à l'insécurité dans l'est du pays », a déclaré son porte-parole, Martin Nesirky.

Selon le haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), au moins 1244 femmes ont rapporté avoir été violées au cours du premier trimestre 2010, soit « près de 14 viols par jour en moyenne ».

Plus d'un tiers des viols ont eu lieu dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, d'après la même source.

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