Des femmes manifestent contre les violences au Kivu. (archives)
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PC/Jerome Delay
Dans un communiqué rendu public jeudi, les rebelles hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) démentent leur implication dans les récents viols collectifs en République démocratique du Congo.
Les rebelles hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda démentent leur implication dans les cas récents de viols collectifs commis dans l'est de la République démocratique du Congo, et réclament même une enquête.
Les FDLR « ne sont en rien impliquées dans ces actes odieux et s'insurgent contre des accusations dénuées de tout fondement lancées contre elles par le secrétaire général de l'ONU [Ban Ki-moon] », écrit Callixte Mbarushimana, un haut responsable du mouvement rebelle.
La rébellion demande à l'ONU de « mettre en place sans délai une commission d'enquête internationale indépendante chargée de faire toute la lumière sur tous ces actes criminels ».
Elle se dit prête à « collaborer » avec cette commission et « disposée » à rencontrer le numéro deux du département de maintien de la paix de l'ONU, Atul Khare, qui doit se rendre en RDC.
Viols collectifs
Du 30 juillet au 3 août, la localité de Luvungi, dans le Nord-Kivu, a été occupée à la fois par les miliciens Maï-Maï et les rebelles hutus rwandais. Durant cette période, au moins 154 civils ont été violés ou ont subi des attentats à la pudeur, selon ce qu'a révélé l'ONU.
Selon une ONG, de nombreuses femmes ont été victimes de viols collectifs de la part de groupes de deux à six hommes en armes.
Martin Nesirky, porte-parole des Nations unies, a indiqué que la mission de l'ONU au Congo (MONUSCO) n'avait entendu parler de viols à Luvungi que le 12 août. Les casques bleus disposent d'une petite base à une trentaine de kilomètres du lieu des viols.
La Monusco, avec près de 20 000 soldats, est la mission de maintien de la paix de l'ONU la plus importante de la planète.
Ban Ki-moon « scandalisé »
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, « scandalisé » par ces événements a décidé d'envoyer un de ses collaborateurs pour examiner la situation.
« Il [Ban Ki-moon] réitère son appel à tous les groupes armés en RDC à déposer les armes et à rejoindre le processus de paix. Il appelle les autorités de RDC à enquêter sur cet incident et à traduire en justice les auteurs de ces crimes, ainsi qu'à redoubler d'efforts pour mettre fin à l'insécurité dans l'est du pays », a déclaré son porte-parole, Martin Nesirky.
Selon le haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), au moins 1244 femmes ont rapporté avoir été violées au cours du premier trimestre 2010, soit « près de 14 viols par jour en moyenne ».
Plus d'un tiers des viols ont eu lieu dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, d'après la même source.