Wyclef Jean a reçu le photographe d'Associated Press chez sa mère, à Croix-des-Bouquets.
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PC/AP/Ramon Espinosa
Le Conseil électoral provisoire haïtien retient 19 candidatures pour la présidentielle de novembre. Écarté de l'élection, la vedette de hip-hop Wyclef Jean lance un appel au calme et au respect.
Le Conseil électoral provisoire haïtien (CEP) a dévoilé, tard vendredi soir, la liste officielle des candidats à la présidentielle du 28 novembre. Les candidatures de 19 personnes ont été jugées valides, et 15 ont été écartées, dont celle du candidat qui suscitait le plus d'attention à l'étranger.
Ainsi, la vedette de hip-hop Wyclef Jean ne pourra pas briguer la présidence en raison de son lieu de résidence, un facteur d'ailleurs évoqué par plusieurs observateurs au cours des dernières semaines.
La loi électorale haïtienne stipule en effet que les candidats doivent avoir résidé pendant cinq années consécutives en Haïti et y payer des impôts, et ne pas détenir une autre citoyenneté. Né près de Port-au-Prince, le chanteur de 40 ans vit aux États-Unis depuis son adolescence.
En 2007, il a été nommé ambassadeur global d'Haïti par le président René Préval, un facteur qui n'a donc pas influencé les membres du CEP. De plus, les critiques concernant la gestion douteuse de sa fondation Yele Haiti pourraient lui avoir nui.
Par communiqué, Wyclef Jean a dit accepter la décision du Conseil et a lancé un appel au calme.
Des policiers ont été déployés dans le secteur où siégeait le CEP, les autorités craignant d'ailleurs des manifestations importantes dénonçant le rejet de la candidature de la star internationale au cours des prochains jours, voire des prochaines heures.
Jeudi soir, quelque 300 jeunes s'étaient rassemblés devant le siège du CEP, à Pétionville, en banlieue de Port-au-Prince, pour apporter leur soutien à Wyclef Jean.
Sa candidature ne faisait pas l'unanimité, cependant. L'entourage de l'artiste a indiqué qu'il avait reçu des menaces de mort de quelqu'un lui demandant de quitter Haïti, plus tôt cette semaine.
19 candidats en lice
Le nom de l'ambassadeur d'Haïti à Washington, Raymond Joseph, l'oncle de Wyclef Jean, a lui aussi été écarté.
Jude Célestin, le candidat de Plateforme Inité (Unité), le nouveau parti du président sortant, René Préval, et qui était directeur du Centre national des équipements, fait partie des candidats acceptés.
Certaines candidatures qui avaient été contestées ont été jugées valides par le Conseil. C'est le cas notamment des anciens premiers ministres Jacques-Édouard Alexis, dont le départ avait suivi les émeutes de la faim de 2008, et Yvon Neptune, dernier premier ministre du président Jean-Bertrand Aristide, ainsi que de Leslie Voltaire, l'ex-ministre et actuel responsable de la reconstruction pour le gouvernement.
Le chanteur Michel « Sweet Micky » Martelly pourra lui aussi briguer la présidence.
Trente-quatre personnes avaient déposé leur candidature pour succéder à René Préval, qui ne peut se représenter pour un troisième mandat consécutif, selon la Constitution haïtienne.
Les scrutins présidentiel et législatif, dont le coût est évalué à 29 millions de dollars, seront financés en grande partie par la communauté internationale.