Négociations directes à Washington

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Reuters, Associated Press, Haaretz, BBC et New York Times
Le président palestinien Mahmoud Abbas et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou Le président palestinien Mahmoud Abbas et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou (montage AFP)   © AFP/Abbas Momani/Menahem Kahana

Des pourparlers réuniront, le 2 septembre à Washington, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et le premier ministre d'Israël, Benyamin Nétanyahou, sous l'égide de la secrétaire d'État Hillary Clinton.

Pour la première fois en près de deux ans, Israéliens et Palestiniens ont accepté de reprendre les négociations directes, sous l'égide des États-Unis. Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et le premier ministre d'Israël, Benyamin Nétanyahou, se rencontreront, début septembre, à Washington, a annoncé vendredi la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton.

Le président Barack Obama s'entretiendra individuellement avec chacun d'entre eux le 1er septembre, a-t-elle précisé. Les trois hommes dîneront ensuite ensemble, avec l'émissaire spécial du Quartette pour le Proche-Orient, Tony Blair.

Les discussions formelles débuteront le lendemain, sous l'égide de Mme Clinton, a-t-elle ajouté. Le président égyptien Hosni Moubarak et le roi Abdallah II de Jordanie seront présents à cette première session des discussions. « Leur leadership et leur engagement pour la paix seront essentiels à notre succès », a-t-elle affirmé.

La rencontre servira à « relancer les négociations directes afin de traiter des questions de statut final, qui, nous l'espérons, pourront être réglées dans un délai d'une année », a-t-elle soutenu lors d'un point de presse.

Ces enjeux sensibles, sur lesquels les négociations précédentes ont toujours échoué, comprennent le tracé des frontières du futur État palestinien, le statut des réfugiés palestiniens et le sort de Jérusalem.

Pas de « conditions préalables »

La chef de la diplomatie américaine a indiqué que les négociations s'amorçaient sans « conditions préalables ».

Par le passé, d'autres plans utilisaient les frontières d'avant 1967 comme base de négociation territoriale. C'est d'ailleurs ce que réclamait Mahmoud Abbas au cours des derniers mois. Il demandait également la fin de la construction des colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

M. Nétanyahou a mentionné à plusieurs reprises qu'il retournerait à la table de négociations seulement si aucune condition préalable n'était posée.

Présent à la conférence de presse du secrétariat d'État américain, l'émissaire spécial américain George Mitchell a affirmé que les États-Unis « seraient des partenaires actifs » dans les pourparlers, mais qu'il s'agissait de « négociations bilatérales ». Au besoin, « nous ferons des propositions visant à établir un rapprochement », a-t-il ajouté.

Après l'annonce, le Quartette pour le Proche-Orient (États-Unis, Union européenne, Russie et ONU) a publié un communiqué invitant les deux parties à conclure un accord qui « mettra fin à l'occupation amorcée en 1967 et permettra l'émergence d'un État palestinien démocratique et viable vivant en paix et en sécurité aux côtés d'Israël et ses autres voisins ».

« Un défi difficile mais possible »

« Le premier ministre Nétanyahou accueille favorablement l'invitation des États-Unis à entamer des négociations directes sans conditions préalables », a indiqué son bureau dans un communiqué.

« Parvenir à un accord est un défi difficile mais possible. Nous arrivons à ces négociations avec le véritable désir de parvenir à un accord de paix entre les deux peuples qui protègera les intérêts de la sécurité nationale d'Israël. » — Benyamin Nétanyahou

Du côté palestinien, le comité exécutif de l'Organisation de la Palestine (OLP), qui regroupe les principales formations palestiniennes à l'exception du mouvement islamiste Hamas, a indiqué qu'elle acceptait la reprise des négociations directes.

L'incapacité de l'État juif à faire cesser toutes les constructions de colonies juives dans les terriroires occupés où les Palestiniens entendent installer leur futur État indépendant compromettrait ces pourparlers, a toutefois prévenu Yasser Abed Rabbo, haut responsable de l'OLP.

Le négociateur palestinien en chef, Saeb Erekat, a de son côté déclaré au réseau BBC que les Israéliens « avaient le choix entre les colonies ou la paix ».

Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007, a pour sa part indiqué qu'il rejetait les négociations annoncées. « Le peuple palestinien ne se sentira pas engagé par les résultats de cette invitation trompeuse », a déclaré un porte-parole du Hamas.

Rappelons que les pourparlers directs sont rompus depuis décembre 2008, après l'offensive israélienne menée contre la bande de Gaza.

Le processus de paix a été relancé en mai après 19 mois d'interruption, avec des pourparlers indirects sous l'égide de l'émissaire spécial américain George Mitchell.

La reprise des pourparler directs suit de nombreuses conversations téléphoniques de Mme Clinton avec des leaders régionaux et M. Blair, selon des officiels américains. Au cours des dernières semaines, le président Obama a en outre rencontré les leaders israéliens et palestiniens afin de dénouer l'impasse.

Les grands rendez-vous israélo-palestiniens Depuis une vingtaine d'années, les négociations entre les deux parties n'ont jamais mené à la conclusion d'un traité global mettant fin à un conflit qui dure depuis plus de 60 ans.

1993 Accord d'Oslo

Le 13 septembre 1993 à Washington, un accord conduit à la création de l'Autorité palestinienne chargée d'administrer la Cisjordanie et la bande de Gaza, dans le cadre d'une autonomie limitée.

Cet accord a été conclu après plusieurs rencontres secrètes à Oslo.

1997 Accord d'Hébron - 1998 Memorandum de Wye River

Palestiniens et Israéliens parviennent à conclure deux accords. Le premier, le 17 janvier 1997, concerne la ville d'Hébron et conduit au retrait des forces israéliennes de la majeure partie de cette cité de Cisjordanie.

Le 23 octobre 1998, le Mémorandum de Wye River prévoit de nouveaux redéploiements de l'armée israélienne et avance l'année 1999 comme date butoir en vue d'un accord définitif.

2000 Sommet de Camp David

Le président Clinton invite Yasser Arafat et le premier ministre israélien Ehoud Barak à sa résidence de Camp David en juillet 2000.

Après deux semaines d'âpres tractations à l'initiative du président américain Bill Clinton, aucun accord n'est conclu.

Principale point de blocage, le statut de la ville de Jérusalem. Les Israéliens la considèrent comme leur capitale éternelle et les Palestiniens la veulent aussi comme capitale de leur futur État.

2003 La « feuille de route »

Le Quartette des médiateurs internationaux au Proche-Orient établit en avril 2003 une « feuille de route » destinée à rétablir la paix.

Ce document appelle les Palestiniens à renoncer à la violence, demande la reprise de la coopération entre Israël et les Palestiniens en matière de sécurité et exige la fin de la colonisation juive dans les territoires occupés.

Le président américain George Bush organise un sommet avec les premiers ministres israélien et palestinien, Ariel Sharon et Mahmoud Abbas. Les Palestiniens acceptent le document, comme les Israéliens, qui émettent cependant des réserves sur 14 points.

2007 Conférence d'Annapolis

Le président Bush invite le président palestinien Mahmoud Abbas et le premier ministre israélien Ehoud Olmert à Annapolis, dans le Maryland, pour lancer une nouvelle série de négociations de paix.

Abbas et Olmert se rencontrent à plusieurs reprises. Les deux parties disent être parvenues à un accord sur la plupart des grands dossiers, mais les discussions sont interrompues par la chute d'Olmert, chassé du pouvoir en 2009 par des accusations de corruption.

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