La dernière brigade de combat se retire

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, CNN et Los Angeles Times
La dernière brigade de combat américaine se retire d'Irak. La dernière brigade de combat américaine se retire d'Irak.   © PC/AP/Maya Alleruzzo

Près de sept ans et demi après l'entrée des troupes américaines en Irak pour renverser Saddam Hussein, la dernière brigade de combat américaine s'est retirée du pays et a franchi la frontière koweïtienne.

Près de sept ans et demi après l'entrée des troupes américaines en Irak pour renverser Saddam Hussein, la dernière brigade de combat américaine s'est retirée du pays et a franchi la frontière koweïtienne tôt jeudi matin, a indiqué l'armée américaine.

Ce retrait ne marque cependant pas la fin des opérations de combats, qui se poursuivront comme prévu jusqu'au 31 août.

Quelques centaines de militaires sont toujours dans le pays pour terminer des tâches administratives et logistiques. Ils quitteront Bagdad plus tard au cours de la journée de jeudi, a précisé un porte-parole.

Pour les États-Unis, la guerre en Irak a duré plus longtemps que
la guerre de Sécession (1861-1865)
et les deux guerres mondiales (1914-1918 et 1941-1945),
mais moins longtemps que celle du Vietnam (1964-1975).

Commentant en direct les images de blindés franchissant la frontière sur le réseau MSNBC, le porte-parole du département d'État, Philip Crowley, a évoqué un « moment historique ». Il a cependant souligné que ce n'était pas la fin de l'engagement américain en Irak.

« La dernière chose que nous voulons, c'est d'avoir à envoyer de nouveau des troupes en Irak et de devoir mettre fin à notre phase de combat une deuxième fois. » — Le porte-parole du département d'État, Philip Crowley

« Nous ne mettons pas fin à notre engagement en Irak. Nous aurons un important travail à faire [...] Ce n'est pas la fin de quelque chose, mais plutôt une transition vers quelque chose de différent. Nous sommes engagés à long terme en Irak », a-t-il affirmé.

Le départ de la majeure partie de la 4e Brigade Stryker de la seconde division d'infanterie est survenu il y a plus d'une journée, mais l'annonce a été retardée pour des raisons de sécurité. Au cours des trois derniers jours, 360 véhicules et 1800 soldats ont pris le chemin vers le pays voisin.

Retour prochain à la maison

Un militaire tient une pancarte sur laquelle on peut lire: « Lindsay et Austin: papa rentre à la maison. » Un militaire tient une pancarte sur laquelle on peut lire: « Lindsay et Austin: papa rentre à la maison. »   © PC/AP/Maya Alleruzzo

La majorité des militaires de cette unité devraient être rapatriés aux États-Unis d'ici la mi-septembre, a souligné une porte-parole de la base militaire de Fort Lewis, dans l'État de Washington.

Très grand au début de l'offensive, l'appui à la guerre déclenchée par le président républicain George W. Bush a fondu au fur et à mesure que les pertes en vies humaines s'accroissaient et que les coûts explosaient de façon exponentielle.

Un lourd bilanSoldats américains morts en Irak : 4415
Soldats d'autres pays morts en Irak : 318
Civils tués par les troupes alliées et par les insurgés : entre 97 196 et 106 171
Coût de la guerre : 742 210 600 000 $
Sources : Iraq Coalition Casualty Count, Iraq Body Count et National Priorities Project

Il reste maintenant en Irak 56 000 soldats américains. Quelque 6000 d'entre eux partiront avant la fin du mois. Lors de l'entrée en fonction du président Obama, en janvier 2009, 144 000 militaires participaient à des opérations de combat.

« Nous respectons la promesse que nous avons faite quand j'ai amorcé ma campagne présidentielle. D'ici la fin du mois [...], notre mission de combat en Irak sera terminée. » — Le président Barack Obama

La mission New Dawn (Aube nouvelle), qui amènera l'armée américaine à jouer un rôle d'entraînement et de conseil auprès des forces irakiennes, débutera le 1er septembre.

Selon l'accord américano-irakien, toutes les forces américaines devront avoir quitté le territoire irakien le 31 décembre 2011 au plus tard.

Si le nombre d'actes de violence a fortement diminué depuis les combats interethniques entre chiites et sunnites, entre 2006 et 2007, la situation en Irak demeure extrêmement fragile.

Attribué à Al-Qaïda, un attentat suicide perpétré mardi dans un centre de recrutement de l'armée à Bagdad a fait 59 morts et au moins 100 blessés.

La première phase de la guerre antiterroriste qui suit les attentats du 11 septembre 2001 se déroule en Afghanistan. Le responsable des attentats est vite désigné: le réseau Al-Qaïda d'Oussama ben Laden, qu'abritent les talibans.

Mais un deuxième front se dessine rapidement, celui de l'Irak. Les faucons de l'administration Bush montrent du doigt Saddam Hussein, qu'ils accusent d'avoir doté le pays d'armes de destruction massive.

Le ton monte au fil des mois. De discours politiques en résolutions de l'ONU, il apparaît rapidement que l'affrontement est inévitable.

Soutenus par la Grande-Bretagne et quelques autres pays, les États-Unis déclenchent les hostilités en Irak dans la nuit du 19 au 20 mars 2003.

Aucune arme de destruction massive n'a été trouvée depuis.

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