Karzaï dénonce la lapidation

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Hamid Karzaï Hamid Karzaï (archives)  Photo :  Shah Marai

Le président afghan Hamid Karzaï a condamné la lapidation à mort d'un couple de jeunes afghans accusés d'adultère par les talibans dans la province de Kunduz.

La lapidation d'un couple d'Afghans accusés d'adultère par les talibans fait réagir le président afghan. Ce châtiment, dit-il, est « injustifiable » et « inhumain », sans compter qu'il est contraire à l'islam.

Selon le gouvernement provincial, le châtiment a été mis en oeuvre dimanche par les talibans, qui prennent de plus en plus de place dans cette province autrefois considérée sans problème.

« Le président Hamid Karzaï condamne la lapidation à mort de deux jeunes par les talibans dans la province de Kunduz et estime qu'il s'agit d'un crime impardonnable », indique la présidence afghane dans un communiqué.

Dans une déclaration écrite envoyée à l'agence Reuters, le président ajoute que « la lapidation de deux jeunes Afghans par un groupe illégal sans procès juste est inhumaine, va à l'encontre de l'islam et est injustifiable ».

Le président affirme qu'il a demandé aux forces de sécurité et à l'appareil judiciaire de faire les efforts nécessaires pour traduire les organisateurs de la lapidation devant la justice.

Selon l'AFP, qui cite un témoin, des responsables locaux et un chef rebelle, la jeune femme de 23 ans qui a été lapidée était fiancée à un autre homme. Son amoureux, âgé de 28 ans, aurait quitté sa femme pour s'enfuir avec elle.

Les amoureux auraient été lapidés devant une centaine de personnes, en majorité des talibans, dans leur village de Mullah Quli. « Des personnes dans la foule ont lancé des pierres sur le couple jusqu'à ce qu'ils meurent », a raconté un témoin, Abdul Satar.

Leur exécution, la première du genre dans la région, survient après que des religieux afghans eurent réclamé la semaine dernière un retour à la loi islamique, telle qu'ils la conçoivent, et à la pratique des châtiments corporels.

Lorsqu'ils étaient au pouvoir à Kaboul, les talibans préconisaient divers châtiments corporels prescrits, selon eux, par la loi islamique, dont des lapidations, des amputations et des coups de fouet.

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