Des soldats irakiens montent la garde devant le centre de recrutement frappé par l'attentat.
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AFP/Ali Al-Saadi
À Bagdad, au moins 59 soldats et recrues de l'armée irakienne sont morts et 125 autres ont été blessés dans ce qui constitue l'attentat le plus sanglant à survenir dans la capitale irakienne depuis le début de 2010.
À deux semaines de la fin de la mission de combat de l'armée américaine en Irak, un attentat visant des recrues de l'armée fait au moins 59 morts et 125 blessés en plein centre de la capitale.
L'attaque survient au moment où le pays traverse une grave crise politique, et à deux semaines de la fin de la mission de combat de l'armée américaine.
L'attentat, survenu mardi vers 7 h 30, s'est produit à l'extérieur des anciens locaux du ministère de la Défense, convertis en siège social de la 11e division de l'armée irakienne.
Au moins un kamikaze s'y est fait exploser au moment où l'armée procédait à une opération de recrutement pour grossir les rangs en vue du retrait de l'armée américaine.
Des centaines de jeunes hommes étaient rassemblés place Midane, dans le quartier de Bab al-Mouazam, à une cinquantaine de mètres du centre de recrutement.
Plusieurs se trouvaient depuis de nombreuses heures dans ce secteur placé sous le contrôle de l'armée lorsque le kamikaze est arrivé.
Ce sont d'ailleurs les recrues, une cible fréquente des insurgés, qui ont subi le plus lourd tribut de l'attentat.
Selon AP, l'attentat a fait 3 morts et 8 blessés dans les rangs de l'armée irakienne, les autres victimes étant essentiellement des gens qui aspiraient à une carrière militaire.
Personne n'a revendiqué l'attaque, mais son modus operandi est celui utilisé par Al-Qaïda, figure de proue de l'insurrection sunnite.
Le porte-parole de l'armée, le major général Qassim al-Moussawi, leur a d'ailleurs imputé la responsabilité de l'attentat.
Les victimes de l'attentat ont été hospitalisées à la Cité médicale de Bagdad.
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PC/AP/Karim Kadim
Grave crise politique
L'attaque se produit au moment où l'Irak reste englué dans une crise politique. Aucun parti n'a obtenu la majorité aux élections du 7 mars et aucune alliance n'a encore été conclue par les principaux joueurs.
Lundi, le Bloc irakien d'Iyad Allaoui, soutenu par les sunnites, a rompu les négociations pour former un gouvernement avec l'Alliance de l'État de droit (AED) du premier ministre sortant Nouri al-Maliki.
Une porte-parole du Bloc irakien, Mayssoun Damalouji, a expliqué que cette rupture s'expliquait par le fait que M. Maliki a déclaré à la télévision que le Bloc irakien était un bloc sunnite.
« Nous ne sommes pas sunnites. Notre projet est national », a insisté Mme Damalouji. « Nous lui demandons de présenter ses excuses » a-t-elle ajouté. « Sans excuses, nous ne négocierons pas ».
Au Parlement, le Bloc irakien d'Iyad Allaoui détient 91 sièges, contre 89 à l'Alliance pour l'État de droit de Nouri Al-Maliki. Ce dernier s'est allié en mai à l'Alliance nationale irakienne, une coalition chiite qui a terminé en troisième position avec 70 sièges. Cela ne suffit toutefois pas pour détenir une majorité et gouverner.
La fin de la mission de combat approche
Ce nouvel attentat est perpétré au moment où l'armée américaine s'apprête à mettre un terme à sa mission de combat en Irak. Au 31 août, il restera 50 000 soldats dans le pays, comparativement à environ 60 000 en ce moment.
Ces militaires auront la tâche de former les forces de sécurité irakiennes et d'assurer la sécurité des civils américains engagés dans les efforts de reconstruction et de stabilisation du pays. Ils pourront aussi participer à des opérations antiterroristes.
Ces derniers soldats doivent quitter le sol irakien le 31 décembre 2011, en vertu d'un accord de sécurité bilatéral conclu entre le gouvernement irakien et l'administration Bush.
Selon les autorités irakiennes, l'Irak a connu en juillet son mois le plus meurtrier en deux ans, avec 535 morts, dont 396 civils dans des violences. Ces chiffres ont été contestés par l'armée américaine, qui a parlé de 222 morts et de 782 blessés.