La plage Orange, en Alabama, souillée par le pétrole.
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AFP/Raedle/Getty Images
L'Alabama devient le premier État à poursuivre la pétrolière britannique pour son rôle dans le déversement survenu dans le golfe du Mexique, en avril. Les autorités iront par ailleurs de l'avant avec le forage des puits de secours.
L'État américain de l'Alabama poursuit la pétrolière britannique BP et d'autres entreprises liées au déversement dans le golfe du Mexique, en avril dernier.
Le procureur général de l'Alabama, Troy King, a indiqué vendredi qu'il avait déposé la veille deux poursuites à la cour fédérale de Montgomery. La première vise spécifiquement BP, tandis que la deuxième cible notamment les entreprises Transocean, Halliburton et Anadarko Petroleum.
Les deux requêtes réclament des dommages et intérêts non spécifiés et des dommages punitifs pour les « dégâts catastrophiques » causés par la marée noire.
Le procureur n'a pas tenu compte de la position du gouverneur Bob Riley, qui estimait que l'État devait d'abord tenter d'obtenir un règlement hors cour avec BP.
L'Alabama est le premier État à engager des procédures judiciaires à la suite de l'explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon à l'origine d'une fuite de quelque 757 millions de litres de pétrole.
En plus de toucher les côtes de l'Alabama, le pétrole a également souillé celles du Mississippi, de la Floride et de la Louisiane, l'État qui a le plus souffert de la marée noire.
L'entreprise BP ne fera pas de commentaires sur les litiges en cours, a indiqué un porte-parole de la pétrolière.
BP fait déjà face à plusieurs autres poursuites. Plus tôt cette semaine, une commission judiciaire fédérale, chargée de gérer les litiges qui concernent plusieurs districts judiciaires, a décrété que les poursuites seraient entendues par un tribunal fédéral de La Nouvelle-Orléans, en Louisiane.
Les puits de secours, toujours nécessaires
BP reprendra le forage des puits de dérivation afin de sceller définitivement le puits Macondo, a par ailleurs indiqué vendredi l'amiral Thad Allen, chargé de coordonner la lutte contre la marée noire pour le gouvernement américain.
Vue d'un submersible vérifiant le bon fonctionnement de la tête du puits fermée par un dôme.
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AFP/Image tirée d'une vidéo de BP
La pertinence des puits de secours avait été brièvement remise en question jeudi, la fuite semblant maîtrisée par le ciment injecté dans le puits principal le 5 août dernier au cours de l'opération dite Static Kill.
Des tests de pression ont montré que le puits principal n'avait « plus de communication directe avec le réservoir » de brut, a déclaré l'amiral Allen. Mais « tout le monde est d'accord pour que nous poursuivions le forage du puits de secours », afin de cimenter le puits par en-dessous au cours de l'opération dite Bottom Kill.
Il n'a pas précisé à quel moment celle-ci se déroulera. Une fois lancée, elle sera terminée au bout de 96 heures.
Les puits de secours doivent rencontrer le puits Macondo à 4000 mètres sous le plancher océanique, lui-même situé à 1600 mètres de profondeur. Il reste moins d'une quinzaine de mètres à creuser pour opérer la jonction entre les deux.
Les opérations de forage ont été interrompues cette semaine par le mauvais temps dans la région. BP a annoncé avoir retiré le dispositif de protection antitempête parce que la menace de dépression tropicale a été levée.
Après une série de tentatives infructueuses, BP a réussi à stopper l'hémorragie pétrolière à la mi-juillet grâce à la pose d'un dispositif de confinement sur la tête du puits.