Nicolas Sarkozy prononçant son discours à Grenoble.
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AFP/Philippe Desmazes
« La nationalité doit pouvoir être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un fonctionnaire de police, d'un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l'autorité publique », a déclaré le président français Nicolas Sarkozy vendredi à Grenoble.
Dans la foulée de sa « guerre nationale » contre les trafiquants et les voyous, le président français Nicolas Sarkozy annonce que la citoyenneté pourrait être retirée aux délinquants d'origine étrangère.
Dans la foulée, M. Sarkozy souhaite « que l'acquisition de la nationalité française par un mineur délinquant au moment de sa majorité ne soit plus automatique ».
Il a affirmé aussi qu'il avait décidé d'engager la « guerre nationale » contre les trafiquants et les voyous. À cette occasion, il a annoncé la mise en place de 60 000 caméras de vidéosurveillance d'ici 2012, ainsi que le développement des polices d'agglomération.
Cependant, M. Sarkozy n'a pas donné de précisions sur ce qu'il entendait par « personne d'origine étrangère ». S'agit-il des Français nés à l'étranger ou des Français dont les parents sont nés à l'étranger?
Risque de stigmatisation des immigrants
À la suite de ces déclarations, le maire socialiste de Grenoble, Michel Destot, a dénoncé le risque de stigmatisation d'une partie de la population, car, selon lui, M. Nicolas Sarkozy lie l'insécurité à l'immigration.
« Je me méfie de ces déclarations qui ont pour effet de frapper l'opinion publique », a-t-il commenté.
« Le président de la République et son gouvernement ont manifestement décidé d'agiter les vieux refrains des années 30 destinés à attiser la haine contre les étrangers », a réagi de son côté le président de la Ligue des droits de l'homme, Michel Tubiana.
Jean-Jacques Urvoas, du Parti socialiste, a estimé pour sa part que « le président de la République parle pour faire oublier son échec ». « J'aurais aimé qu'il donne les moyens aux policiers et aux gendarmes de protéger les personnes et les biens. En quatre ans, nous avons supprimé dans ce pays 11 000 postes de policiers et de gendarmes », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, environ 300 personnes se sont rassemblées sur une place du centre de Grenoble pendant la visite présidentielle pour dénoncer « la politique sécuritaire » du gouvernement et réclamer un retour de la police de proximité. Il s'agit d'une police de quartier mise en place par le gouvernement socialiste et démantelée par la droite.
Les manifestants ont brandi des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « Grenoble = Chicago. Al Capone = Sarkozy ».
La police anti-émeute prend position en face d'un édifice, le 18 juillet 2010, dans le quartier de la Villeneuve, où 16 véhicules ont été incendiés et 7 personnes arrêtées.
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AFP/Philippe Merle
Nicolas Sarkozy a effectué un déplacement à Grenoble après plusieurs nuits d'émeutes dans le quartier populaire de La Villeneuve.
Ces violences avaient éclaté à la suite d'une fusillade qui avait coûté la vie à Karim Boudouda, braqueur présumé d'un casino et originaire du quartier de La Villeneuve, le 16 juillet. Les policiers avaient essuyé des tirs à balles réelles au cours de ces affrontements.
Visés par des menaces de mort, une vingtaine de policiers ont été éloignés de Grenoble avec leur famille et placés sous protection. Les trois policiers impliqués dans la fusillade ont été mutés à leur demande.