Les policiers ont arrêté au moins une trentaine de personnes.
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AFP/Mark Ralston
L'Arizona conteste l'injonction temporaire visant certaines dispositions de la loi sur l'immigration décrétée mercredi par un tribunal fédéral de Phoenix.
Tandis que l'Arizona conteste l'injonction temporaire visant certaines dispositions de la loi sur l'immigration décrétée par un tribunal fédéral, des centaines de personnes manifestent contre la loi à Phoenix.
La gouverneure Jan Brewer, qui avait annoncé son intention peu après la tombée du verdict, a indiqué avoir officiellement porté la décision en appel jeudi devant une cour de deuxième instance de San Francisco.
Elle réclame que la loi SB 1070, entrée en vigueur à minuit, puisse être appliquée dans son intégralité jusqu'à ce que les tribunaux se soient prononcés sur le fond de la question.
Mercredi, la juge Susan Bolton avait plutôt suspendu les articles les plus controversés en attendant un jugement ultérieur sur la validité de la loi.
Mme Brewer a également demandé que l'appel soit entendu dans les plus brefs délais.
Les experts juridiques s'attendent toutefois à ce que la question remonte jusqu'à la Cour suprême.
Le ministère américain de la Justice avait déposé une plainte formelle au début du mois, réclamant une ordonnance provisoire, puis permanente, pour annuler la loi, qui a suscité un véritable tollé lors de son adoption.
Manifestations et arrestations
Parallèlement au bras de fer juridique, les manifestations contre la loi se sont poursuivies dans les heures suivant son entrée en vigueur.
À Phoenix, des centaines de personnes ont pris les rues d'assaut jeudi après-midi, brandissant des drapeaux américains et mexicains et des banderoles sur lesquelles on pouvait par exemple lire « Arrêtez les descentes, plus d'expulsions » ou encore « Arrêtez de viser les immigrés ».
Devant les bureaux du shérif du compté, ils ont été accueillis par un cordon de policiers antiémeutes, qui ont arrêté au moins 30 manifestants.
Favorable à une répression musclée de l'immigration clandestine, le shérif Joe Arpaio a averti qu'environ 200 policiers et volontaires patrouilleraient les rues de Phoenix au cours de la journée et a menacé d'arrêter les fauteurs de troubles.
Des groupes de défense des droits civils ont de leur côté appelé les écoles, les administrations et les policiers de l'État à ne pas appliquer la loi.
D'autres marches de protestation contre la loi étaient prévues au cours de la journée dans d'autres villes américaines.
La loi votée il y a trois mois par le Congrès d'Arizona, à majorité républicaine, est la plus répressive jamais adoptée dans l'histoire des États-Unis contre les immigrés.
Soutenue par plus de 60 % de la population américaine, à en croire les sondages, la loi a inspiré des projets similaires dans une vingtaine d'autres États.
L'administration Obama considère l'immigration comme étant de compétence fédérale, et non de chacun des États. Elle craint en outre que la loi de l'Arizona interfère avec les intérêts vitaux de la politique étrangère américaine, en perturbant notamment ses relations avec le Mexique.
Les autorités de l'Arizona se disent de leur côté dépassées par le nombre d'immigrants illégaux, qui font selon elles augmenter le taux de délinquance et minent les ressources de l'État. La loi vise officiellement à endiguer le flux de clandestins mexicains qui franchissent illégalement la frontière, ainsi que le trafic de drogue.
Un tiers des 6,6 millions d'habitants de l'Arizona ne sont pas nés aux États-Unis. Quelque 460 000 d'entre eux seraient en situation irrégulière. À l'échelle des États-Unis, le nombre d'immigrés clandestins est estimé à 10,8 millions.
Pour ses détracteurs, l'initiative, qu'ils jugent contraire à la Constitution, légalise le profilage racial à l'endroit des Américains d'origine hispanique.