David Cameron (archives)
©
AFP/Ben Stansall
Islamabad n'apprécie pas les commentaires du premier ministre britannique David Cameron sur « l'exportation de la terreur » par le Pakistan.
Les commentaires du premier ministre britannique sur l'accueil et le soutien de groupes extrémistes par le Pakistan font réagir Islamabad.
De passage en Inde, où il aborde le thème des échanges commerciaux et de l'emploi, M. Cameron a mis en garde le Pakistan contre l'accueil et le soutien de groupes extrémistes.
« Nous ne pouvons tolérer en aucun cas l'idée que [le Pakistan] soit autorisé à regarder des deux côtés et puisse, de quelque manière que ce soit, promouvoir l'exportation de la terreur en Inde ou en Afghanistan ou n'importe où ailleurs dans le monde », a déclaré le premier ministre britannique.
« Nous devrions être très, très clairs avec le Pakistan sur notre volonté de voir un Pakistan fort, stable et démocratique », a déclaré M. Cameron. « Ce devrait être des relations basées sur un message très clair : il n'est pas correct d'avoir des relations avec des groupes encourageant la terreur », a-t-il ajouté.
L'ambassadeur du Pakistan au Royaume-Uni, Wajid Shamsul Hasan, juge les propos de M. Cameron « absolument contraires aux réalités sur le terrain » et estime que M. Cameron a choisi d'ignorer « l'énorme rôle » du Pakistan dans la guerre contre le terrorisme.
« Il semble faire davantage confiance à des informations fondées sur des fuites de services de renseignement en dépit de leur absence de crédibilité et de preuves concordantes », écrit l'ambassadeur dans le quotidien britannique The Guardian.
Dimanche, le site Internet WikiLeaks a publié des milliers de documents secrets de l'armée américaine, dont certains font état de craintes voulant que les services de renseignement pakistanais aient aidé les insurgés afghans, bien qu'Islamabad soit officiellement un allié des États-Unis depuis 2001.
Le style Cameron surprend
Plus tôt cette semaine, lors de son passage en Turquie, M. Cameron avait suscité l'indignation d'Israël en affirmant qu'« on ne peut et on ne doit pas permettre que Gaza reste un camp de prisonniers ».
Rappelant que la Grande-Bretagne est favorable à la levée du blocus de Gaza, il a appelé par la suite à une réconciliation entre Israël et la Turquie. « J'exhorte la Turquie et Israël à ne pas renoncer à cette amitié », a-t-il dit.
L'ambassadeur d'Israël en Grande-Bretagne, Ron Prosor, avait alors réagi vivement aux propos de M. Cameron. « Les habitants de Gaza sont les prisonniers de l'organisation terroriste Hamas », avait-il rétorqué.
Lors d'un point de presse avec les journalistes britanniques couvrant la tournée de M. Cameron, le secrétaire au Foreign Office, William Hague, a dû répondre à plusieurs reporters lui demandant si le premier ministre comptait mesurer davantage ses propos à l'avenir.
« Le premier ministre dit la vérité et nous sommes tous unis et sans ambiguïté, heureux de ce qu'il a dit », a affirmé M. Hague.« Le premier ministre est un grand diplomate et je le vois tous les jours lorsqu'il est en rapport avec des dirigeants étrangers », a-t-il ajouté.
Prié de dire s'il regrettait d'avoir porté atteinte aux relations avec le Pakistan avant une rencontre prévue la semaine prochaine avec le président Asif Ali Zardari, M. Cameron a dit ne pas croire que les relations avec Islamabad aient été mises à mal par ses récents commentaires.