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La colère de Karzaï

Mise à jour le jeudi 29 juillet 2010 à 9 h 15

Hamid Karzaï

Photo: Shah Marai

Hamid Karzaï

Les documents secrets publiés par le site WikiLeaks continuent de susciter des réactions. Le président afghan Hamid Karzaï a dénoncé jeudi la publication de noms d'informateurs afghans aidant les forces internationales à combattre les rebelles, estimant qu'il est « choquant » et « irresponsable » de mettre ainsi leur vie en danger.

« C'est évidemment extrêmement irresponsable et choquant, car que ces gens [les informateurs] agissent légitimement ou non en fournissant des informations aux forces de l'OTAN, ce sont des vies. Et ces vies sont maintenant en danger. C'est un acte extrêmement irresponsable que je ne peux ignorer », a-t-il déclaré.

« C'est une affaire très sérieuse [qui] nous inquiète », a-t-il dit à propos des mesures nécessaires pour protéger ces Afghans qui renseignent, au péril de leur vie, les forces étrangères, notamment américaines.

Le quotidien britannique Times a rapporté mercredi qu'un examen attentif d'une partie des 92 000 documents dévoilés par WikiLeaks lui avait suffi pour y repérer les noms de dizaines d'Afghans censés avoir fourni des renseignements à l'armée américaine.

Parmi ces documents figure l'interrogatoire détaillé en 2008 d'un combattant taliban prêt à quitter les rangs de l'insurrection. Il dévoile son nom, celui de son père, de son village et des détails sur les commandants et les combattants talibans de la région. Le rapport évoque un accord pour une rencontre avec des agents du renseignement militaire, mais ne dit pas si le taliban a en fin de compte fait défection.

Ces documents révèlent également les noms d'intermédiaires facilitant les rencontres entre talibans désireux de déposer les armes et les forces internationales. Les lieux de rencontre et leurs dates sont dûment répertoriés.

La masse de documents diffusée dimanche par le site Internet spécialisé dans le renseignement WikiLeaks contient notamment des révélations sur les victimes civiles et les liens supposés entre le Pakistan et les insurgés.

Julian Assange se défend

Le fondateur du site WikiLeaks, Julian Assange, s'est défendu en affirmant que les documents avaient été relus, à la recherche d'éventuels noms d'informateurs, et que nombre d'entre eux qui en contiennent n'avaient pas été publiés.

Dans une interview publiée jeudi dans le Times, il accuse la Maison-Blanche de n'avoir pas répondu à sa demande d'aide pour éviter que cette publication ne mette en danger des informateurs.

Tout document qui « mettrait clairement en danger des gens innocents » pourrait rejoindre les 15 000 documents que le site a décidé de ne pas publier, a affirmé le fondateur de WikiLeaks. « Si nous avons fait une erreur, nous allons réexaminer nos procédures et réagir », a-t-il assuré.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse

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