![]() Des Canadiens victimes de tirs amis, selon WikiLeaksMise à jour le mardi 27 juillet 2010 à 13 h 06
Même si le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a affirmé lundi que les milliers de documents confidentiels portant sur la guerre en Afghanistan, publiés la veille par le site WikiLeaks, étaient des « documents américains qui n'ont rien à voir avec le Canada », certains d'entre eux concernent des pertes canadiennes ou encore la politique étrangère canadienne. D'après l'un de ces documents, quatre militaires canadiens tués en 2006 n'auraient pas péri de la main des talibans, mais auraient plutôt été victimes de tirs amis américains. Selon un rapport d'incident américain rempli par l'unité 205TH du Regional Corps Advisory Group, une bombe larguée sur un bâtiment par un avion à réaction, le 3 septembre 2006, au deuxième jour de l'opération Méduse, a tué les quatre militaires canadiens en plus d'en blesser sept autres, de même qu'un interprète afghan. À l'époque, l'armée canadienne avait affirmé que le soldat William Cushley, les adjudants Frank Mellish et Richard Nolan ainsi que le sergent Shane Stachnik avaient été tués par des rebelles talibans au cours de combats qui s'étaient déroulés à l'ouest de Kandahar. L'armée canadienne persiste et signe Interrogées sur la question, les Forces canadiennes ont répété la version avancée en 2006. « La perte de quatre militaires canadiens le 3 septembre 2006, a résulté de l'activité des insurgés dans le district afghan de Panjwayi », a soutenu un porte-parole des troupes canadiennes, Jay Paxton, dans un courriel envoyé à la CBC. « Au cours de cette période, a-t-il ajouté, le seul incident relié à un tir ami est survenu le 4 septembre 2006, lorsque le soldat Mark Anthony Graham a été tué dans le même district. » Ottawa invité à faire des gestes diplomatiques D'après un autre des documents confidentiels publiés par WikiLeaks, les États-Unis auraient demandé au Canada d'exercer des pressions diplomatiques à l'endroit de certains pays soupçonnés de permettre aux talibans d'amasser de l'argent sur leur territoire. Ainsi, deux diplomates américains ont mené des discussions en ce sens avec deux hauts fonctionnaires du ministère canadien des Affaires étrangères, indique une note du 27 mai 2007. Ils auraient demandé au Canada de se joindre à l'administration Bush pour adresser des reproches, par la voie diplomatique, à l'Arabie saoudite et à l'Afrique du Sud. Le directeur Yves « Beaulieu a réagi favorablement à la suggestion d'une démarche menée conjointement par les États-Unis et le Canada », peut-on lire dans le document. « Beaulieu a dit qu'il n'était pas surpris d'entendre parler de financement des talibans en Afrique du Sud et en Arabie saoudite, mais que le gouvernement canadien aurait besoin de davantage d'informations avant d'accepter de mener une démarche conjointe auprès d'autres gouvernements ou une démarche indépendante auprès des [Émirats arabes unis]. Certaines organisations caritatives saoudiennes sont soupçonnées depuis longtemps de financer les talibans. Au cours des dernières années, les services de renseignement ont également exprimé des préoccupations quant à un éventuel blanchiment de sommes d'argent issues du trafic de l'opium par l'entremise des émirats. Ces allégations n'ont cependant jamais été prouvées. Les révélations sur l'Afrique du Sud soulèvent des questions quant à l'étendue du réseau de financement des talibans. Il n'est pas clair si le gouvernement conservateur a donné suite ou non à ces demandes. La véracité des milliers de pages publiées par WikiLeaks n'a pas été confirmée. Lors d'un point de presse donné mardi, le fondateur du site, Julian Assange, a affirmé n'avoir aucun doute sur la fiabilité de l'ensemble des documents mis en ligne. Radio-Canada.ca avec Associated Press L'Afghanistan vu d'iciConsole Audio-vidéo
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