Des armes de rebelles hutus rwandais récupérées par l'armée de la RDC (archives).
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AFP/Lionel Healing
L'ONG Global Witness accuse Londres de protéger les entreprises britanniques soupçonnées d'acheter des minerais à des rebelles de la République démocratique du Congo. Elle a saisi la justice britannique du dossier.
L'organisation Global Witness accuse la Grande-Bretagne de refuser de signaler à l'ONU les entreprises britanniques susceptibles d'acheter des minerais à des groupes armés de la République démocratique du Congo (RDC).
L'ONG, qui dénonce le pillage des ressources naturelles et la corruption qui l'accompagne, a annoncé lundi qu'elle avait saisi la justice britannique du dossier.
Dans sa requête, l'organisation argue que Londres « transgresse ses obligations légales internationales ».
En vertu de deux résolutions, adoptées en 2008 et en 2009, l'ONU prévoit des sanctions contre ceux qui achètent du minerai extrait de mines contrôlées par les rebelles congolais, notamment ceux des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA).
« Le lien entre les ressources naturelles et le conflit au Congo est bien connu », rappelle l'ONG. Des groupes armés qui contrôlent le commerce de minerais tels que l'étain et le tungstène utilisent les fonds pour acheter des fusils et financer leur violente campagne contre les civils. »
Global Witness dit disposer de « preuves édifiantes » démontrant que des sociétés britanniques « ont soutenu des groupes armés en RDC en achetant des minerais dans des régions sous leur contrôle ».
L'ONG se base notamment sur le rapport du Groupe d'experts des Nations unies sur la RDC, qui incrimine notamment l'Amalgated Metal Corporation (AMC) et un dirigeant d'Afrimex.
Elle dénonce les arguments fournis par Londres, qui a dans un premier temps soutenu que les résolutions de l'ONU n'avaient pas d'effets rétroactifs, puis jugé les preuves insuffisantes.
Global Witness déplore également que le gouvernement britannique manque de « procédure solide » pour enquêter sur les entreprises soupçonnées.
Londres se fait rassurant
Le ministère britannique des Affaires étrangères a réfuté les accusations de Global Witness. « Le gouvernement britannique attend des compagnies britanniques opérant dans le secteur minier en RDC qu'elles suivent les meilleures normes de contrôle et fassent tous les efforts pour vérifier l'origine des minerais qu'elles achètent », a assuré le Foreign Office dans un communiqué.
Le ministère ajoute qu'il examinera sérieusement toute information selon laquelle ce ne serait pas le cas.