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Photo: La Presse Canadienne /Sean Kilpatrick Lawrence Cannon |
Le Canada emboîte le pas à l'Union européenne et adopte des sanctions sans précédent contre l'Iran.
Ces sanctions, sensiblement les mêmes que celles qui ont été adoptées par l'Europe, sont beaucoup plus sévères que les mesures mises en place par le Conseil de sécurité de l'ONU le 9 juin dernier.
Le Canada veut ainsi s'unir à l'Europe et aux grandes puissances impliquées dans le dossier du nucléaire iranien, qui souhaitent convaincre Téhéran de revenir à la table des négociations en septembre afin d'accepter un encadrement strict de son programme nucléaire controversé.
Les actions de l'Iran ainsi que ses propos agressifs sont un affront aux efforts du Canada et de ses alliés d'assurer la paix et la sécurité mondiale.
— Lawrence Cannon, ministre des Affaires étrangères du Canada
Le ministre des Affaires étrangères Lawrence Cannon a annoncé lundi en conférence de presse que les nouvelles mesures entrent en vigueur dès maintenant. Il affirme que les sanctions additionnelles ne visent en aucun cas à nuire ou à punir le peuple iranien.
Sont maintenant interdits :
Téhéran est soupçonné de vouloir continuer à enrichir de l'uranium pour développer l'arme atomique, des accusations niées par le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad. La République islamique affirme que son programme nucléaire n'a que des visées civiles.
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Photo: La Presse Canadienne /AP/Vahid Salemi Le site d'enrichissement d'uranium de Natanz (archives) |
L'Union européenne sévit
Avec ces nouvelles mesures, le Canada s'aligne sur l'Europe qui sévit contre Téhéran. Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'Union européenne (UE) ont annoncé lundi avoir pris des sanctions sévères contre l'Iran au terme d'une réunion à Bruxelles.
Jeudi dernier, les ambassadeurs des 27 pays de l'UE s'étaient entendus sur les mesures qui entreront en vigueur, pour la plupart, à compter de mardi.
Comme pour le Canada, de nouveaux investissements dans les industries du gaz et du pétrole sont désormais interdits. L'assistance technique et les transferts de technologies sont également proscrits, notamment pour le raffinage et la liquéfaction de gaz.
Même si l'Iran est le quatrième producteur mondial de pétrole brut, il importe jusqu'à 40 % de son carburant parce qu'il ne possède pas les capacités de raffinage nécessaires pour répondre à sa demande intérieure.
L'UE réduit aussi les possibilités d'échanges commerciaux avec l'Iran en limitant les crédits à l'exportation. L'interdiction d'activité des banques iraniennes est étendue, et la liste de personnes à qui l'obtention de visas européens sera refusée s'allonge.
Les États-Unis et l'Australie ont déjà pris des mesures d'une ampleur semblable. La Russie, longtemps conciliante face à Téhéran, a pris depuis ses distances.
Une action militaire plus probable qu'avant
Par ailleurs, un ancien directeur de la CIA a affirmé qu'une action militaire contre les installations nucléaires iraniennes est plus probable qu'avant, considérant l'échec des sanctions internationales.
Michael Hayden, qui dirigeait l'agence américaine sous le président George W. Bush, a déclaré dimanche à la télévision américaine qu'une telle action semblait maintenant « inexorable ».
Il prévoit que l'Iran poursuivra son programme nucléaire jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'à une étape en deçà de la possession de l'arme nucléaire. Or, il estime qu'une telle éventualité est tout aussi déstabilisante pour la région que si Téhéran possédait vraiment l'arme.
Pour leur part, les autorités américaines soutiennent qu'une action militaire demeure une option qui sera considérée seulement si les sanctions contre l'Iran ne donnent pas de résultat.
Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Associated Press
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