L'UE veut forcer la main à Téhéran

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Mahmoud Ahmadinejad Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien (archives)   © AFP/PHILIPPE LOPEZ

L'Union européenne va adopter des sanctions d'une ampleur sans précédent contre l'Iran dans l'espoir de pousser le pays à rouvrir les négociations sur son programme nucléaire controversé.

Des sanctions d'une ampleur sans précédent seront adoptées lundi par l'Union européenne (UE) contre l'Iran.

Ces sanctions devraient être beaucoup plus sévères que celles qui ont été adoptées par le Conseil de sécurité de l'ONU le 9 juin dernier.

L'Europe et les grandes puissances impliquées dans le dossier du nucléaire iranien souhaitent ainsi convaincre Téhéran de revenir à la table des négociations en septembre afin d'accepter un encadrement strict de son programme nucléaire controversé.

Téhéran est soupçonné de vouloir continuer à enrichir de l'uranium pour développer l'arme atomique, des accusations niées par Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien. Celui-ci a mis en garde l'UE en affirmant que son pays répondra « avec fermeté » à toute menace. Téhéran soutient que son programme nucléaire n'a que des visées civiles.

Le site d'enrichissement d'uranium de Natanz (archives) Le site d'enrichissement d'uranium de Natanz (archives)   © PC/AP/Vahid Salemi

La décision d'imposer de nouvelles sanctions sera prise lors d'une réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles. Jeudi dernier, les ambassadeurs des 27 pays de l'UE s'étaient entendus sur les mesures qui entreront en vigueur, pour la plupart, à compter de mardi.

Il est prévu d'interdire de nouveaux investissements dans les industries du gaz et du pétrole. L'assistance technique et les transferts de technologies seront proscrits notamment pour le raffinage et la liquéfaction de gaz.

Même si l'Iran est le quatrième producteur mondial de pétrole brut, il importe jusqu'à 40 % de son carburant parce qu'il ne possède pas les capacités de raffinage nécessaires pour répondre à sa demande intérieure.

L'UE compte aussi réduire les possibilités d'échanges commerciaux avec l'Iran en limitant les crédits à l'exportation. L'interdiction d'activité des banques iraniennes sera étendue et la liste de personnes à qui l'obtention de visas européens sera refusée devrait s'allonger.

Les États-Unis et l'Australie ont déjà pris des mesures d'une ampleur semblable. Le Canada devrait suivre éventuellement et la Russie, longtemps conciliante face à Téhéran, a pris depuis ses distances.

L'Iran semble avoir déjà réagi à ces menaces de sanctions. Dimanche, Téhéran a annoncé à Istanbul être prêt à entamer immédiatement des négociations concernant les détails d'un échange de combustible nucléaire.

Une telle proposition avait été formulée en mai dernier, aux côtés de la Turquie et du Brésil. Toutefois, elle avait alors été considérée comme insuffisante et avait été rejetée.

Une action militaire plus probable qu'avant

Par ailleurs, un ancien directeur de la CIA a affirmé qu'une action militaire contre les installations nucléaires iraniennes est plus probable qu'avant, considérant l'échec des sanctions internationales.

Michael Hayden, qui dirigeait l'agence américaine sous le président George W. Bush, a déclaré dimanche à la télévision américaine qu'une telle action semblait maintenant « inexorable ».

Il prévoit que l'Iran poursuive son programme nucléaire jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'à une étape en deçà de la possession de l'arme nucléaire. Or, il estime qu'une telle éventualité est tout aussi déstabilisante pour la région que si Téhéran possédait vraiment l'arme.

Pour leur part, les autorités américaines soutiennent qu'une action militaire demeure une option qui sera considérée seulement si les sanctions contre l'Iran ne donnent pas de résultat.

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