Mise en garde de Nasrallah

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Hassan Nasrallah Hassan Nasrallah   © AFP/MANAR TV

Dans une rare conférence de presse, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé s'attendre à ce que des membres de son parti soient accusés par le tribunal international d'implication dans l'assassinat du premier ministre libanais Rafic Hariri.

Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah dit s'attendre à la mise en cause de membres de son parti dans l'assassinat de Rafic Hariri par le tribunal international, mais assure qu'il est prêt à se défendre.

« Avant son voyage à Washington (en mai), Saad Hariri (actuel premier ministre libanais, et fils de Rafic Hariri) m'a rendu visite et m'a dit que des membres indisciplinés du Hezbollah seront désignés par l'acte d'accusation » du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), créé en 2007 par l'ONU, a affirmé Hassan Nasrallah.

« Il m'a dit qu'il était prêt, le cas échéant, à dire en public que le Hezbollah n'avait rien à voir avec l'assassinat et qu'il s'agissait juste de membres indisciplinés », a-t-il précisé.

« Nous sommes donc informés, le premier ministre est informé [...], il y aura un acte d'accusation qui accusera le Hezbollah. Les choses vont dans ce sens », a poursuivi le chef du parti chiite.

En mars dernier, le bureau du procureur du TSL avait interrogé des membres du Hezbollah en tant que témoins.

Cependant, le chef du Hezbollah a souligné que « toutes les données dont dispos[ait] le Hezbollah indiqu[aient] que l'acte d'accusation a été écrit avant même l'interrogatoire de [ces] membres. [...] Le contenu est prêt, mais son annonce est reportée, c'est juste une question de synchronisme politique ».

« Il s'agit d'un jeu, mais le Liban ne peut payer le prix de ce jeu-là », a-t-il déclaré.

« Nous sommes prêts »

« Nous n'avons pas du tout peur, nous ne sommes pas inquiets, nous savons nous défendre », a-t-il martelé, ajoutant : « Nous sommes prêts ».

« Il y a un dangereux projet qui vise la Résistance » [le Hezbollah] [...] Le Liban entre dans une phase délicate [...] à cause du Tribunal international », a-t-il prévenu.

Hassan Nasrallah a affirmé que son parti a « toujours douté du Tribunal international, dès le départ », assurant qu'il n'acceptera pas l'acte d'accusation « sans preuve solide », ajoutant que « tant que l'enquête ne s'est pas penchée sur la piste israélienne, nous considérons qu'elle n'est pas honnête ».

« Les enquêteurs n'ont jamais pris en considération cette hypothèse, sachant qu'Israël a les moyens et les motifs » pour assassiner M. Hariri, a-t-il déclaré.

Une longue enquête

Créé en 2007 par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, le TSL est chargé de juger les auteurs présumés d'attaques terroristes au Liban, dont l'assassinat de Rafic Hariri. Il doit publier l'acte d'accusation entre « septembre et décembre », selon son président Antonio Cassese.

Les deux premiers rapports de la commission d'enquête de l'ONU avaient conclu à des « preuves convergentes » mettant en cause les renseignements syriens et libanais. De hauts gradés libanais avaient été emprisonnés, mais relâchés après quelques mois.

En mai 2009, l'hebdomadaire allemand Der Spiegel avait affirmé que la commission d'enquête s'orientait vers une piste menant au Hezbollah.

Le chef du Hezbollah avait qualifié l'article de « très très dangereux », estimant qu'Israël en était à l'origine.

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