La gouverneure générale, Michaëlle Jean, au lendemain du séisme qui a dévasté son pays d'origine
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PC/Fred Chartrand
Haïti ne se relève pas du tremblement de terre de janvier, estime la gouverneure générale du Canada. Selon elle, il faut impliquer davantage la population locale et rompre avec la logique d'assistance.
Haïti ne se relève pas du tremblement de terre de janvier, a estimé mardi la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean. Elle a appelé à rompre avec la logique d'assistance et à impliquer davantage la population du pays dans la reconstruction.
Six mois après le tremblement de terre du 12 janvier, « une situation alarmante prévaut dans ce pays. Haïti s'en relève-t-il? Non. Pour le moment, il ne s'en relève pas », a déploré Mme Jean lors d'un discours à Paris, dans le cadre de la convention annuelle du réseau culturel français à l'étranger.
« Le temps est venu de rompre avec la logique d'assistance qui a transformé Haïti en laboratoire », a-t-elle ajouté, en soulignant que la solidarité devait s'exprimer en totale coopération avec le gouvernement haïtien. « Il faut une nouvelle éthique du partage », a-t-elle dit, en faisant valoir qu'« Haïti ne se relèvera pas sans la participation pleine et entière des femmes, des hommes et des enfants de ce pays ».
Aujourd'hui désoeuvrée, la population haïtienne « doit être incluse dans chaque projet », a demandé la gouverneure générale, en lançant un appel à un effort particulier pour l'éducation, dans un pays où plus de 1,5 million d'enfants ne sont pas scolarisés.
L'ambassadeur de France en Haïti, Didier Le Bret, reconnaît lui aussi que les progrès sont inexistants. Par exemple, on ignore si les camps de toile utilisés pour abriter les sinistrés vont perdurer.
Plus de 200 000 personnes sont mortes dans le séisme, qui a également fait près de 1,2 million de sans-abri, détruit les deux tiers de la capitale et englouti la moitié de la faible économie du pays. Haïti est le pays le plus pauvre du continent américain.
Michaëlle Jean sera bientôt l'envoyée spéciale de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) en Haïti. Elle occupera ses nouvelles fonctions cet automne, à la fin de son mandat de gouverneure générale du Canada.