Desi Bouterse
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AFP/Louis Alfaisie
L'ex-dictateur militaire de l'ancienne colonie néerlandaise, Desi Bouterse, est élu président par les parlementaires. Il défait le ministre de la Justice, Chandrikapersad Santokhi, en remportant 36 voix sur 51.
L'ex-dictateur militaire du Suriname, Desi Bouterse, a été élu président, lundi, par les parlementaires. Il a remporté 36 voix sur 51.
M. Bouterse a battu l'actuel ministre de la Justice, Chandrikapersad Santokhi, aussi candidat à la présidence. Il remplacera le président sortant Ronald Venetiaan.
Cette élection survient après la victoire de la coalition Mega Combinaison de Bouterse aux législatives de mai dernier. La coalition n'avait cependant obtenu que 23 voix, alors qu'une majorité de deux tiers est nécessaire pour pouvoir désigner le président de l'ancienne colonie néerlandaise d'Amérique du Sud.
M. Bouterse a donc dû faire des tractations avec des partis qui ne font pas partie de sa coalition pour être élu président. Pour garantir sa majorité, il s'est notamment allié avec l'un de ses anciens rivaux, son garde du corps Ronny Brunswijk.
De nombreux opposants ont tenté de freiner son accession au pouvoir. Deux organismes de défense des droits humains ont demandé à l'Assemblée nationale, avant le vote, de rejeter la candidature de Desi Bouterse.
L'ancien dictateur de 64 ans a mené deux coups d'État et dirigé le régime militaire de 1980 à 1987, puis de 1990 à 1991.
M. Bouterse a été condamné pour trafic de cocaïne en 1999 aux Pays-Bas. Un mandat d'arrêt d'Interpol pèse contre lui. Il a évité une peine de prison de 11 ans, les deux pays ne possédant pas de traité d'extradition.
Il a aussi été accusé du meurtre de 15 opposants en 1982. Son procès devant une cour martiale doit reprendre vendredi.
Plusieurs observateurs croient que sa volonté d'accéder à la présidence vise à lui éviter la prison, en accordant une grâce à l'ensemble des personnes inculpées pour les assassinats des années 1980.
L'ancien militaire se proclame socialiste et a déclaré vouloir investir dans l'éducation et le logement, et diminuer le taux de chômage de 50 à 15 %.
Au Suriname, le président est élu par le Parlement pour un mandat de cinq ans.