Une femme échappe à la lapidation

  |  Radio-Canada avec Associated Press, The Guardian, Globe and Mail et BBC
Une photo de Sakineh Mohammadi Ashtiani, non datée, rendue disponible par Amnistie internationale Une photo de Sakineh Mohammadi Ashtiani, non datée, rendue disponible par Amnistie internationale   © PC/AP/Amnistie internationale

Une femme accusée d'adultère échappe à la lapidation à la suite d'une campagne internationale en sa faveur. On ignore toutefois si la condamnation à mort de Sakineh Mohammadi Ashtiani est elle aussi annulée.

Sakineh Mohammadi Ashtiani, une Iranienne de 43 ans qui avait été condamnée à mort par lapidation, a échappé à sa sentence, ont indiqué des médias britanniques jeudi soir.

La chaîne Channel 4 News et le quotidien The Guardian ont rapporté que l'ambassade iranienne à Londres en a fait l'annonce un peu plus tôt.

L'ambassade n'a cependant pas précisé si la condamnation à mort était elle aussi levée ou si Mme Ashtiani faisait toujours face à la peine capitale, mais par d'autres moyens.

Les enfants et l'avocat de Mme Ashtiani avaient lancé une campagne internationale en sa faveur, notamment sur Internet, faisant valoir qu'elle était punie pour un acte qu'elle n'avait pas commis. Leur appel avait suscité un mouvement international pour l'annulation de la sentence, émanant notamment de célébrités et de personnalités politiques, entre autres aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Un plaidoyer sur le webLe site web réclamant que Sakineh Mohammadi Ashtiani ait la vie sauve a été lancé par l'entrepreneure canadienne Heather Reisman. Il a récolté plus de 16 000 signatures, dont celles de l'ex-juge canadienne Claire L'Heureux-Dubé, de la chanteuse Annie Lennox, de la chanteuse et militante pacifiste Yoko Ono, de l'écrivain britannique Salman Rushdie, de la blogueuse américaine Arianna Huffington ainsi que de l'écrivaine canadienne Irshad Manji. Sur Facebook, un groupe a recueilli l'appui de près de 22 000 membres.

Accusée de « relation illicite » et d'« adultère »

En 2006, Mme Ashtiani avait reçu 99 coups de fouet après avoir été reconnue coupable de « relation illicite en dehors des liens du mariage » après la mort de son mari.

Un autre tribunal l'a ensuite reconnue coupable d'adultère pour une relation qu'elle aurait vraisemblablement eue alors que son époux était en vie. Mme Ashtiani a ensuite été condamnée à la mort par lapidation.

Le verdict a été rendu en vertu d'une disposition de la loi iranienne qui permet aux juges, en l'absence de preuves concluantes, de déterminer de manière subjective, et parfois arbitraire, si un accusé est coupable ou innocent.

Pierres tombalesEn vertu de la charia appliquée en Iran, un individu condamné à la lapidation doit être enterré jusqu'au cou dans le cas d'une femme et jusqu'à la taille dans le cas d'un homme. Ceux qui assistent à l'exécution sont appelés à jeter eux-mêmes des pierres. Si le condamné réussit à s'extirper du trou, la sentence est commuée.

Une militante des droits de la personne citée par le Guardian dit être informée de 12 cas de femmes qui font face à la lapidation.

Depuis le début de l'année, plus de 100 personnes ont été tuées par lapidation en Iran. Embarrassé par la désapprobation internationale, le pays a rarement pratiqué des lapidations publiques ces dernières années.

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